Témoignage 1/2 de MAIRE René

En mars 1955, j’ai été muté au 94e RI au camp de Sissonne. Celui-ci était le lieu de rassemblement du régiment pour le départ en Algérie. Pour reconstituer ce régiment, on rappela des hommes des classes qui étaient déjà libérés de leur service militaire. Etaient concernées les classes 53/2, 54/1 et 54/2. A l’époque, le 94e RI était dissous depuis 1945.

A mon arrivée à Sissonne, un train se trouvait en gare de Saint Erme où nous devions charger le matériel pour le départ vers Marseille. Après trois séjours à Sissonne, nous partîmes en train (hommes et matériel) pour Marseille. Après deux jours de trajet et dès notre arrivée, nous étions hébergés au camp Sainte Marthe. Dans le vieux port de Marseille, un bateau nous attendait pour le chargement de tout notre matériel, camions, 4X4, jeeps etc.

Après un séjour de trois jours à Marseille, nous embarquions sur le commandant Quere, un bateau qui nous transporta en croisière de quarante heures

       

Déchargement du matériel.

   En la période de mars-avril, la mer n’est pas très calme, elle nous berçait par sa houle et un grand nombre de copains se trouvant dans les cales du navire étaient pris par le mal de mer. Après notre arrivée à Philippeville, nous étions pris en charge par des unités qui nous hébergeaient dans de grands hangars métalliques qui se trouvaient aux abords de la ville.   Après un court séjour de deux jours, un train à bestiaux avec des wagons en bois était en quai à la gare de Philippeville pour prendre la direction de Constantine. Le déchargement du bateau et le transfert du matériel et des hommes sur le train s’est déroulé sans incident.Le transfert de Philippeville à Constantine : Départ de Philippeville en vitesse réduite sur des rails ciblés par des sabotages du FLN.En passant par le col des Oliviers sur la voie sinueuse traversant des champs d’orangers et d’oliviers. Après un arrêt à Constantine, nous prenions le rail pour Le Khroub, puis Aïn M’Lila. Puis traversant une plaine désertique jusqu’à Fontaine Chaude, fin de notre voyage journalier. Nous fûmes hébergés sous des tentes militaires dans une grande ferme appartenant à un colon céréalier qui exploitait des centaines d’hectares de seigle.

Au départ de Fontaine Chaude, nous avons pris la route pour Corneille en convoi. Nous étions entassés sur des GMC et des Jeeps et 4 x 4. Nous nous sommes dirigés vers le village de Pasteur, puis le col de Belezma et Bemelle pour nous établir à Corneille. Nous étions stationnés dans une maison avec une cour où nous avons hissé nos antennes à Corneille pour une durée de deux mois : Convoi de contrôle des routes et des moissons.

Pendant notre séjour à Corneille (actuellement appelé  sur la route de Barika à Ras-El-Aïoun.

Merouana), nous participions aux opérations de pacification. Reconnaissances pour la sécurité sur les routes, protection des moissonneurs, etc. Des opérations étaient également effectuées sur renseignements obtenus par nos agents nous signalant la présence de l’ennemi dans notre secteur, groupes de bandes organisées dissimulées dans les massifs montagneux.

Faisant partie de la première compagnie du 3/94e RI, le ravitaillement se faisait une fois par semaine à partir de Batna. Nous empruntions la route du col de Belezma-Pasteur en contournant le Pic des Cèdres (2 094 m) puis la nationale Constantine-Batna. Pour éviter d’éventuelles embuscades, au retour nous prenions la route par le col de Telmet (2 000 m) pour descendre vers Bemelle puis Corneille. Pour ces déplacements nous étions escortés par une jeep-radio (lieutenant, chauffeur et radio), un 4 x 4 (sergent, caporal-chef et chauffeur), deux GMC avec la section.

 

A suivre page 2

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