MON TEMOIGNAGE - Page 3

Mon retour en France…. Ca c’est une autre histoire.. Réadaptation assez difficile. Surtout en apprenant que tout avait été mis en œuvre pour empêcher

Les Harkis de venir se réfugier en France, les ordonnances révélées depuis sont accablantes d'abjection envers ces familles qui se sont faits massacrer.

Monsieur MESSMER, lui qui se targuait de porter avec fierté l’insigne de la Légion comme ancien légionnaire, n’a pas hésité à ‘’pondre’’ une circulaire interdisant par tous les moyens la venue de ces Harkis sur le territoire. Certains, ayant tout de même réussis à passer se sont vu contraints de retourner en Algérie. Par contre on a été moins regardant pour laisser passer certaines racailles qui se sont multipliés et qui ne cessent de proliférer.

On a appris,  depuis, que les cas de conscience ne sont pas l'apanage de ceux qui gouvernent  " Qui veut la fin prend les moyens " sans autre formalité.

Beaucoup d’amertume  en pensant  ces 28 mois de jeunesse perdue et gâchée pour rien. Et encore, par rapport à d'autres, bien content de m'en être sorti sans dommage physique, à quelque  chose près.

En chacun de nous, dans notre inconscient, les dégâts psychologiques ont faits leur œuvre.

Mais psychiquement, moralement, la " vrille " a fait son chemin et plus les années passent plus elle continue à creuser. Mais  l’époque les appelés, eux et leurs familles, n'avaient pas droit à la moindre assistance.

Comme beaucoup, nous ne parlons pour ainsi dire jamais de ces moments avec ceux qui en sont étrangers. Trop difficile d'exprimer le ressenti qui s'est intégré à notre être, qui fait partie de nous même, pour que d'autres puissent réellement comprendre.

Serions-nous vraiment capables de trouver les mots justes qui amèneraient à une certaine compréhension de ceux qui n'ont pas vécus dans le contexte de cette situation ?

C'est un peu comme une odeur ressentie qu'il est bien difficile d'exprimer et de faire partager à quelqu'un qui ne l'a pas ressentie lui-même.

Aussi c'est pour cela qu'il n'y a qu'entre nous que nous pouvons en parler car nous sommes tout de suite dans un monde que nous avons partagé. Aussi cela soulage, un peu, les mauvaises sensations et impressions qui nous poursuivent encore. Mais cela n'effacera jamais  cette mauvaise conscience qui nous habite et ressentons au fond de soi des suites des abjections que nous avons vécues, et plus spécialement l'abandon des HARKIS.

Pourtant nous n'en sommes pas les vrais coupables ni les responsables, mais le fait de la lâcheté des politiques. Ils se sont servis de nous.  Ils nous ont pris 28 mois, voir  pour certains, 36 mois de notre jeunesse. Merci M. MITTERAND, alors ministre de l'intérieur qui prit la décision d'envoyer la jeunesse accomplir les basses besognes de leurs ambitions politiques par leurs décisions  du moment.

Mais le pire a été la manipulation dont nous avons été l'objet.  Inconsciente sur le moment mais qui a laissé énormément de traces sur beaucoup et qui ont eu du mal à les surmonter. Certains ne l'ont jamais pu !

Il faut savoir qu'à l'époque les services psychologiques n'existaient pas !

On a fait avec sans nous plaindre !

C'est avec le recul, hors du contexte, que nous avons pu faire l'analyse de ces mois vécus et constater l'influence qu'ils ont pu avoir sur notre raisonnement et notre comportement. On a beaucoup entendu des contre-vérités  et calomnier les  militaires engagés par ceux qui, pour la plus-part, n'ont pas participé aux combats hors les villes.

Ils se sont permis de juger avec partialité ce qu'il leur convenait de démontrer loin des réalités vécus sur le terrain par des jeunes, à peine préparés,  face à des rebelles aguerris par les guerres précédentes.

Merci messieurs les politiques et gouvernants de tous bords pour nous avoir bien manipulés !!!   

                                                                                             Guy WINGERTSMANN                                      

 

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