J'avais 20 ans dans les Aurès - page 3

Ces fameux F.S.N.A. (français de souche nord africaine), qui étaient français à époque, qui ont demandé leur indépendance et qui ont ainsi acquis la nationalité algérienne, demandent maintenant à être français pour bénéficier des avantages de nos compatriotes français par le sang. Sécurité sociale, assurance chômage,  C.M.U etc.  Ces gens là, même s’ils ont la nationalité française ne pourront JAMAIS  être bretons, flamands, savoyards, alsaciens, lorrains, etc. Ils seront toujours algériens par le sang, musulmans par éducation, islamistes par conviction, intégristes par obligation. Quand un révolutionnaire fait sa révolution dans la rue de Tunis ou du Caire, c’est Inch’ Allah, dieu le veut. Quand un dirigeant musulman fait la répression de la révolution du peuple avec l’armée c’est Inch’ Allah : Dieu le veut. Leur Dieu a du pain sur la planche, comme le notre : nous avons fait les croisades contre les « sarrasins ».

En 1914, sur la boucle des ceinturons des fantassins allemands figurait la devise : GOD MIT UNS, dieu est avec nous.  En 1945, le bombardier B26  Enola gay qui est allé lâcher la bombe atomique sur Hiroshima a été béni par l’archevêque de New York. La vie est un eternel recommencement. J’ai vu en 1961 au barrage de Foum el Geiss des F.S.N.A. se baigner dans la retenue d’eau, l’un de leur copain s’est noyé sous leurs yeux à moins de 3 mètres de ses camarades, personne ne lui a porté secours !!!! Devant mon indignation et mes questions ils m’ont répondu : MEKTOUB !!! Ce qui veut dire : c’est écrit ! C’était tout simplement son heure, Inch’Allah. Voilà la mentalité de ces gens là : c’est toujours : Dieu le veut !!

Les jours et les semaines passaient lentement avec un quotidien toujours différent. Un jour au rassemblement, l’adjudant de compagnie demande : les maçons sortez des rangs, je vois mon copain Milo sortir, je suis prêt à le suivre mais je me souviens d’une expérience récente où les titulaires du permis de conduire avaient été appelés à se manifester et ou fièrement je m’étais manifesté et je me suis retrouvé à pousser une brouette toute la journée !!!!! Chat échaudé craint l’eau froide, je suis quand même sorti des rangs pour effectivement me retrouver sur le chantier du nouveau mess des officiers.

Je me suis retrouvé avec de vrais maçons qui ont tout de suite vu que je n’y connaissais rien au bâtiment, surtout quand j’allais chercher du mortier avec ma truelle à 20 m du mur que je devais maçonner. Le chef de chantier m’a dit : toi t’as jamais maçonné de ta vie, on va t’apprendre et j’ai appris. J’ai appris qu’il y avait des combines partout, il y avait une porte à installer, cette porte devait donner sur l’extérieur, sans doute pour permettre aux gradés d’entrer et de sortir du mess sans passer par le poste de police. La première chose qui a été faite à réception de la porte a été de faire faire des doubles des clés pour les copains et les copains des copains, comme ça tout le monde pouvait profiter de la combine !!!

 Le 21 avril 1961, jour de mes 20 ans Putsch d’Alger. Tout le monde consigné dans la caserne, l’oreille collée aux transistors pour savoir ce qu’il fallait faire. La révolution ? Se défendre contre les paras qui étaient censés sauter en métropole pour prendre le pouvoir ? Les gradés étaient perplexes : de quel côté se ranger ? Que fait-on ? On retourne la veste ou on fait confiance au général De Gaulle ? Il y eut de cruels dilemmes, pour finir tout est rentré dans l’ordre et pour moi, cela a été  bénéfique : j’ai été affecté à un camion. Un SIMCA moteur V8, 2 ponts n° 592214, la roue avant droite se bloquait quand je freinai et le cardan avant jouait des castagnettes. J’étais devenu chauffeur !!!

Je conduisais les copains à Monbré, à Béru (dans la montagne de Reims) La ou ils allaient à pieds, j’y allais en camion ! Je faisais la corvée de soupe, j’amenais les norvégiennes (des marmites) pour les repas pris en plein air. La seule fois où je suis allé à Béru avec mon camion j’ai suivi les ordres d’un caporal qui m’a obligé à passer là ou il l’avait décidé et contre mon avis, et là où je me suis embourbé jusqu’aux essieux et il à fallut le secours de 2 sections de chasseurs pour me sortir de cette fâcheuse position. J’ai mis 2 jours pour nettoyer mon camion sous l’œil critique du lieutenant Kermarec, chef du service auto avec qui je suis devenu copain. Kermarec, breton comme son nom l’indique, m’avait à la bonne depuis un incident. Un soir que j’avais fait le mur, j’étais sorti en civil et je me promenais Place d’Erlon dans le centre de Reims quand je croise le Lt Kermarec, j’ai eu un réflexe imbécile : je l’ai salué alors que j’étais en civil et lui dans un réflexe purement militaire a répondu à mon salut !! Aïe pour le lendemain. Le lendemain, sur la piste FRAC (Formation Routière A la Conduite) Je travaille avec les copains sous les ordres du lieutenant. RAS. Quand vient l’heure de la soupe le Lt Kermarec m’interpelle : Soetemondt, quand vous vous promenez en civil et en plus en fausse perm évitez de me saluer et de m’obliger à enfreindre le code militaire en saluant un civil ! Le tout avec un grand sourire et moi, au garde à vous, j’ai répondu : à vos ordres mon lieutenant. Nous sommes devenus copains et il m’a protégé, même quand je faisais des conneries !!

Et il m’est arrivé d’en faire, comme la fois ou je me suis amusé à faire le tour de la rotonde de la FRAC avec une jeep avec des passages sur deux roues dans la poussière, le pied. Malheureusement un chef m’a vu et a essayé de m’intercepter, j’avais rangé la jeep et avais rejoint ma compagnie pour partir 3 jours à Monbré quand il a essayé de me coincer. Trois jours après, en rentrant de Monbré j’apprends que la section est consignée parce qu’un mec a fait le con avec une jeep !! Je dis : le con c’est moi, je vais me dénoncer. Je vais me dénoncer au commandant de compagnie qui me dit : donnes moi ton permis, on va te le supprimer. Je lui réponds : mon colonel je n’ai jamais eu mon permis militaire, on m’a affecté un camion parce que j’ai mon permis civil, je n’ai pas de permis militaire. Comment tu conduis un camion de l’armée sans permis ? Oui ! Le lendemain j’étais convoqué chez le chef de corps pour recevoir officiellement mon permis militaire que j’ai toujours et que je conserve comme relique. Encore une fois l’armée avait fait une c… et pas de responsable.

--->  Vers page 4

1 vote. Moyenne 1.00 sur 5.

Ajouter un commentaire