1918 - III - LA LORRAINE

- Embarqué, le 25 août, en chemin de fer à Feuquières, le 94ème est débarqué le 26 à Pont-Saint-Vincent et cantonne à Chaligny.

- Le 28, le Général de Barescut prend le commandement de la 42ème Division, en remplacement du Général Deville appelé au commandement du 16ème Corps.

Pour la troisième fois, le Régiment se retrouve en Lorraine, où il monte en secteur à la forêt de Champenoux, le 30 août.

Les lignes françaises et allemandes sont séparées par la Seille, ancienne frontière de 1914, avec occupation réduite de chaque côté; une certaine activité n'est entretenue que par quelques coups de main ou reconnaissances hardis, exécutés de l'autre côté de la Seille.

- Le 30 septembre, le Général Commandant en chef décide que le 94ème est cité à l'ordre de la I ère Armée: « Régiment d'élite. Malgré un long séjour en secteur, a conservé, grâce aux efforts persévérants et à l'ascendant moral de son chef, le Lieutenant-Colonel DETRIE, ses belles qualités manœuvrières et son brillant esprit offensif. A pris part, le 8 août 1918, à une attaque brusquée de la Division, a atteint tous ses objectifs, enlevant de haute lutte les solides points d'appui où l'ennemi se cramponnait désespérément, progressant dans les positions ennemies de plus de neuf kilomètres, participant à la prise et de 2.035 prisonniers, dont 65 officiers, 70 pièces d'artillerie de tous calibres, plus de 200 mitrailleuses lourdes et légères, et d'un matériel de guerre important. »

Par ordre 130 F du Général Commandant en chef, en date du 4 octobre 1918, le droit au port de la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire est accordé au 94ème  Régiment d'Infanterie.

Signé: PÉTAIN.

- Le 12 octobre, le Régiment est relevé et va cantonner à Ludres et Chaligny, d'où il est emmené le 17 octobre. Pendant toute cette période, la bataille déchaînée depuis juillet a mis toute la ligne en feu, de la mer du Nord à la Suisse. Les forces américaines s'accroissent chaque jour. L'Allemagne se sent vaincue : elle ne peut même plus menacer.

On apprend que Ludendorff considère la situation comme désespérée et qu'il va s'agir d'une capitulation. Le Maréchal FOCH frappe toujours. Et « La Garde » ne peut manquer de prendre sa part à la dernière bataille.

- Le 17 octobre, le Régiment est enlevé en camions et après un trajet de vingt heures, est débarqué à La Croix-en-Champagne et dans les camps aux environs de Somme-Suippes, où il attend ses convois jusqu'au 25. Le Commandant de DUFOURQ, partant à l'arti11erie d'assaut, est remplacé au 3ème  Bataillon par le Capitaine TEXIER.

- Dans l'après-midi du 25 octobre, dans des concours de spécialistes, le Régiment prouve qu'il n'a rien perdu de son entrain ni de sa valeur offensive.

- Le 26, il est mis à la disposition du 9ème  Corps et traverse tout l'ancie n secteur de Champagne, par Perthes et Tahure pour aller prendre sa place de départ devant Vouziers.

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