1918 - I - LA LORRAINE

Depuis novembre, le Régiment est en secteur à Remenauville -Limey.

Le commandement a besoin de renseignements sur l'occupation adverse et, d'autre part, il faut obliger l'ennemi à immobiliser des forces importantes devant nos meilleures Divisions, qui sont réservées pour de grandes actions ultérieures (Division marocaine et Divisions du 32ème Corps).

Le 1er  Bataillon est désigné pour exécuter un fort coup de main qu'il va préparer à l'arrière, à Void, du 22 janvier au 10 février.

- Le 13 janvier, le Lieutenant-Colonel DETRIE est promu Officier de la Légion d'Honneur et cette juste récompense lui est remise, le 29 janvier, à Saint-Jean, par le Général Deville.

- Le 11 février, la préparation d'artillerie pour le coup de main est exécutée avec larges diversions.

- Le 12 février, à. 6 h.02, le 1er Bataillon s'élance, suivant à 50 mètres le barrage roulant. En abordant la première ligne ennemie, une mitrailleuse se révèle. Après combat, elle est enlevée à la grenade par le Sous-Lieutenant THOVENON, de la 3ème compagnie. A droite, la 2ème compagnie, atteint son objectif le plus éloigné. Le Capitaine LACAMPAGNE découvre un abri ayant une garnison assez nombreuse et avec quatre hommes l'oblige à se rendre (1 fedwebel et 20 hommes). En rentrant, cette compagnie et la liaison du Bataillon, avec le Commandant BOUCHACOURT, qui pendant toute l'opération s'est tenu avec les éléments les plus avancés, éprouvent quelques pertes.

A gauche, la 3ème  compagnie (Capitaine LETURMY) atteint une région d'abris qui offrent une résistance acharnée. Pour réduire cette résistance, force est de mettre le feu aux abris, dont la garnison succombe. La 3ème compagnie rentre avec trois prisonniers.

- La 1ère compagnie (Capitaine FORTIS ), en soutien, remplit sa mission sans incident marquant (Le Sous-Lieutenant POMMES, de cette compagnie, sa mission de nettoyage terminée, s'était résolument porté à l'attaque d'une mitrailleuse ennemie et avait été grièvement blessé en cherchant à s'en emparer.)

Le soldat PELLETIER, grièvement blessé et n'ayant pu être découvert sur le terrain à cause du brouillard, reste tapi dix heures dans un abri allemand et réussit à la nuit, malgré trois blessures graves et son épuisement, à se traîner jusqu'à nos fils de fer, où il est recueilli à bout de forces mais encore admirable d'énergie et de volonté.

- Le 16 février, le Régiment est relevé. Il remonte, le 20, dans le secteur de Pont-à-Mousson.

- Le 3 mars, le Capitaine de DUFOURQ remplace le Capitaine PERONNE, rappelé l'état-major, à la tête du 3ème  Bataillon.

- Le 24 mars, un petit poste de la 6ème compagnie, en allant prendre l'emplacement qui lui est assigné de jour, le trouve occupé par les Allemands. Le Lieutenant FAURE décide la reprise du petit poste avec sa section. Se portant à la tête de ses hommes, avec le Caporal MOULIN et le soldat BOUVY, il se trouve nez à nez avec une douzaine d'Allemands et se précipite sur eux sans souci des grenades, tout en faisant exécuter en arrière un barrage d'obus V.B. Les Allemands se replient, abandonnant trois tués et deux blessés.

Pendant cette période, le Commandant BOUCHACOURT est nommé adjoint au chef de Corps et le Capitaine Poulain prend le commandement du 1er  Bataillon. Le Capitaine MESNY prend le commandement du 2ème  Bataillon en remplacement du Commandant DARNEY.

- Le 7 avril, le Régiment est relevé et va au repos à Liverdun et Aingeray.

Avant de quitter la Lorraine, selon la louable habitude, un hommage est rendu à nos disparus, dans un service funèbre célébré le 13 avril à Liverdun.

- Le 19 a lieu un concours où des récompenses sont données aux plus habiles spécialistes.

- Le 23, embarquement en gare de Maron.

- Le 24, le Régiment débarque à Saint-Germer (Oise) et cantonne à La Chapelle -aux-Pots et Armentières, où il participe à des manœuvres avec les chars d'assaut, en présence du Général ETAIN.     

--- > 1918 - II - Le Santerre