1 - PREMIERE COALITION - 1792-1797 (suite)

La Première Coalition est  formée entre 1792 et 1797 (suite)

Le sursaut français et la dislocation de la coalition

Les mesures radicales prises par le gouvernement révolutionnaire ainsi que le manque de coordination des coalisés permirent d'éloigner le danger d'une invasion. Les Français groupent leurs forces dans le Nord et passent à l'offensive. Dunkerque est libérée. Houchard remporte une victoire sur les Autrichiens de Freytag à Hondschoote du 6 au 8 septembre 1793 mais il ne parvient pas à couper la retraite des troupes du duc d'York. Il est battu peu de temps après à Menin si bien qu'il est destitué et guillotiné. Jourdan remplace Houchard et remporte une nouvelle victoire à Wattignies le 16 octobre qui permet la libération de Maubeuge. Ces victoires éloignent seulement la menace autrichienne. Les Autrichiens se replient sur Mons. A l'Est, Hoche force les lignes de Wurmser à Wissembourg, débloque Landau le 29 décembre, et relance l'offensive en Rhénanie. Les Prussiens retraitent sur Mayence tandis que les Autrichiens repassent le Rhin. Au sud, Kellermann reconquiert la Savoie en octobre. Les Espagnols sont également repoussés à l'ouest et à l'est des Pyrénées. Le 19 décembre, le général Dugommier, assisté de Napoléon Bonaparte, libère Toulon où les coalisés avaient débarqués pendant l'été. À la fin de l'année 1793, le territoire français est entièrement libéré.

Les armées françaises vont relancer l'offensive en 1794. Elle profite des dissensions des alliés. En effet, la Prusse désire quitter la coalition. La Grande-Bretagne prend en charge financièrement une armée de 62000 hommes mais cette dernière ne bouge pas. La Prusse s'inquiète davantage de l'avancée de l'armée russe en Pologne. Elle ne souhaite pas être évincée du partage de la Pologne. Au nord, la France dispose de trois armées : l'armée du Nord commandée par Pichegru, l'armée des Ardennes et l'armée de Moselle commandée par Jourdan. Pichegru ne peut empêcher Cobourg de prendre Landrecies mais il le bat à Tourcoing le 18 mai 1794. Jourdan prend le commandement des deux dernières armées et se lance sur Charleroi qui capitule le 25 juin tandis que Cobourg est une nouvelle fois battu par Pichegru à Ypres. Il attaque Jourdan pour protéger ses arrières mis il est battu à Fleurus le 26 juin.

Cette victoire permet la libération de la Belgique. Pichegru refoule les Anglo-Hollandais vers le nord tandis que Jourdan refoule les Autrichiens vers l'Est. Le 27 juillet, le premier parvient à Anvers et le second parvient à Liège. A sud, Dugommier passe à l'offensive en Catalogne et Moncey au Pays basque. Ce dernier s'empare de Saint-Sébastien le 25 juillet. Sur mer, la France ne peut guère résister à la puissante marine britannique. Cette dernière domine sans conteste la mer Méditerranée et s'empare d'ailleurs de la Corse. Dans l'Atlantique, la flotte de Villaret-Joyeuse, se permet une sortie pour protéger un convoi de blé en provenance des États-Unis. Elle affronte la flotte de Howe au large d'Ouessant du 28 mai au 1er juin et connaît de lourdes pertes mais permet le passage du convoi. Les Britanniques tentent de grignoter les restes de l'empire colonial français et s'emparent de Saint-Domingue et de la Martinique.

Jourdan poursuit l'offensive en Rhénanie et conquiert la rive gauche du Rhin. Devant le manque de réaction de l'armée prussienne, la Grande-Bretagne supprime les subsides le 17 octobre 1794, si bien que le roi de Prusse négocie un armistice avec la France en novembre. Au Nord, Pichegru poursuit les Hollandais et les Anglo-Hanovriens qui se sont retirés à l'embouchure du Rhin. Il occupe Maastricht et profite de l'hiver pour franchir la Meuse et les bras du Rhin glacé. Il conquiert la Hollande et s'empare de la flotte hollandaise bloquée dans les glaces au Helder en janvier 1795. La défaite face à la France provoque un changement de régime et la proclamation de la République batave. Le 19 février 1795, la Toscane signe un traité selon lequel elle quitte la coalition. Le 5 avril est signé le traité de Bâle entre Barthélémy pour la France et Hardenberg pour la Prusse.

Cette dernière reconnaît l'annexion de la rive gauche du Rhin par la France et cède ainsi le duché de Gueldre et la partie occidentale du duché de Clèves. La France promet secrètement à la Prusse une compensation territoriale à la perte de ces territoires sur la rive droite du Rhin. Le 16 mai 1795, la République batave signe le traité de La Haye avec la France. Elle cède le sud de la Zélande, Maastricht et Venlo, doit payer une armée d'occupation de 25000 hommes et une indemnité de guerre de 100 millions de florins et s'engage dans la guerre contre la Grande-Bretagne. Cette dernière en profite pour conquérir les colonies hollandaises. En Espagne, la prise de Bilbao par les troupes de Moncey et son avance sur Vittoria, précipite le retrait de l'Espagne de la coalition. Le 22 juillet 1795 est signé le traité de Bâle entre Barthélémy pour la France et Yriarte pour l'Espagne. Cette dernière abandonne la partie espagnole de Saint-Domingue tandis que les troupes françaises se retirent du pays. Seules l'Autriche et la Grande-Bretagne, avec quelques États italiens, restent en guerre contre la France.

La campagne de 1795 fut un fiasco pour la France. Jourdan franchit le Rhin le 6 septembre et refoule Clerfayt mais il est mal soutenu par Pichegru, qui a trahi la cause de la Révolution, si bien qu'il repasse le Rhin devant la contre-offensive de Clerfayt. Ce dernier lance même l'offensive sur le Palatinat en novembre. Le 28 septembre, la Russie intègre la coalition mais la troupes russes n'interviennent pas. La Grande-Bretagne tente un débarquement d'émigrés français sur la presqu'île de Quiberon afin de relancer la guerre de Vendée en octobre 1795 mais son plan est déjoué et le débarquement est un échec.

Campagne d'Italie

Pour la campagne de 1796, Carnot élabore un plan destiné à venir à bout de l'Autriche. Les armées de Sambre-et-Meuse sous le commandement de Jourdan et de Rhin-et-Moselle, sous le commandement de Moreau, doivent marcher sur Vienne tandis que celles des Alpes sous le commandement de Kellermann et d'Italie sous le commandement de Schérer seraient chargées de fixer une partie des effectifs autrichiens, pour soulager le front central. Une armée d'Irlande, concentrée à Brest, sous le commandement de Hoche, est chargée de la Grande-Bretagne. Le Directoire remplace Schérer par Bonaparte le 2 mars 1796. Finalement, c'est ce dernier, qui décide du sort de l'Autriche, avec une armée de 38000 hommes mal équipés. Il entame une offensive contre le Piémont et bat les austro-sardes d'Eugène-Guillaume Argenteau à Montenotte le 12 avril.

Le général Augereau remporte une victoire sur le général Provera à Millesimo le 13 avril et permet de séparer définitivement les forces piémontaises des forces autrichiennes. Bonaparte remporte une nouvelle victoire contre Argenteau à Dego le 14 avril et contre les Piémontais de Colli à Mondovi le 24 avril. Cette dernière défaite piémontaise contraint le roi de Piémont-Sardaigne à demander l'armistice qui est signé à Cherasco le 28 avril. Au traité de Paris signé entre la France et le royaume de Sardaigne le 15 mai 1796, ce dernier cède la Savoie, le comté de Nice, Tende et Beuil.

Bonaparte entame la poursuite de Beaulieu, écrase son arrière-garde sur l'Adda à Lodi le 10 mai et entre à Milan le 15 mai. L'Autriche perd ainsi le Milanais. Bonaparte poursuit son avantage et vient assiéger Mantoue, clef de la route des Alpes, le 30 mai. Les ducs de Parme et de Modène sont contraints de signer un armistice et les Etats pontificaux acceptent une convention le 23 juin. Jourdan et Moreau, de leur côté, sont moins heureux. Jourdan passe le Rhin le 31 mai mais il est repoussé par l'archiduc Charles. Moreau passe le Rhin le 24 juin et atteint Munich. Finalement, Jourdan s'empare de Cologne et de Francfort mais ne rejoint pas les forces de Moreau. L'archiduc Charles en profite et les attaque séparément.

Il remporte deux victoires contre Jourdan, le contraignant à repasser le Rhin et tente de couper la retraite de Moreau, en vain, mais ce dernier repasse le Rhin à Huningue le 26 octobre. L'archiduc Charles finit par s'emparer de Kehl et d'Huningue, les deux têtes de pont françaises sur le Rhin. Dans le même temps, la France signe un traité d'alliance avec l'Espagne, le traité de Saint-Ildefonse, le 18 août. Cela contraint les Britanniques à évacuer la Corse. Par contre, l'expédition française vers l'Irlande afin de soutenir Wolfe Tone à soulever le pays, se solde par un échec. La flotte française est dispersée par une tempête.

Le fait que Vienne parvienne à contenir les offensives françaises dans le Saint-Empire lui permet d'envisager de porter de l'aide aux assiégés de Mantoue. L'armée de Wurmser est envoyée au secours des assiégés mais elle est battue à Castiglione le 5 août et à Bassano le 8 septembre. Bonaparte parvient même à enfermer Wurmser dans Mantoue. Le général français ne tient plus compte des ordres du Directoire et organise l'Italie à son gré. Il crée ainsi une République cispadane le 15 octobre 1796 à partir du duché de Modène et des Légations de Romagne. Vienne envoie une nouvelle armée de secours en Italie sous le commandement de Alvinczy mais elle est battue à Arcole du 14 au 17 novembre et à Rivoli le 14 janvier 1797. Ces échecs successifs contraignent Mantoue à la reddition si bien que la route de Vienne est libre. Le 19 février 1797, Bonaparte signe le traité de Tolentino avec les Etats pontificaux selon lequel le pape reconnaît l'annexion du Comtat Venaissin et d'Avignon ainsi que la perte de la Romagne au profit de la République cispadane.

Bonaparte reprend l'offensive contre l'Autriche dont l'armée est désormais commandée par l'archiduc Charles, le 20 mars 1797. Il force le passage du Tagliamento puis le col de Tarvis. Au même moment, l'armée de Sambre-et-Meuse, commandée par le général Hoche, franchit le Rhin et remporte une victoire à Neuwied le 18 avril 1797. Ce même jour, alors que l'armée de Moreau s'ébranle à son tour, Bonaparte signe l'armistice de Leoben avec l'Autriche. Le 2 mai, il déclare la guerre à la République de Venise qui tombe le 12 mai. La République de Venise était destinée à devenir une monnaie d'échange avec l'Autriche. Celle-ci ne pouvait accepter à la fois la perte du duché de Milan et des Pays-Bas, si bien qu'il lui fallait trouver des compensations territoriales.

Traité de Campo-Formio

Le traité de Campoformio est signé entre la France et l'Autriche le 18 octobre 1797. Il met fin à la guerre de la première coalition mais la Grande-Bretagne est encore en guerre contre la France. Le Directoire entendait se servir du duché de Milan comme d'un gage pour obtenir la rive gauche du Rhin mais Bonaparte en décide autrement. Il échange finalement le duché de Milan contre la République de Venise. Cette dernière est partagée entre l'Autriche, la République cisalpine et la France qui obtient les îles Ioniennes. L'Autriche obtient la Dalmatie, l'Istrie et la Vénétie ce qui lui donne un accès à la mer Adriatique. Elle doit reconnaître l'existence de la République cisalpine constituée à partir de l'ancien duché de Milan auquel se sont agrégés Brescia pris sur la République de Venise, le duché de Mantoue, le duché de Modène, la Romagne et de la Valteline et des comtés de Chiavenna et Bormio pris sur la Ligue grisonne. L'Autriche cède les Pays-Bas à la France et reconnaît l'annexion de la rive gauche du Rhin à l'exception de Cologne.

Des négociations de paix avaient été entamées avec la Grande-Bretagne mais elles achoppent sur la question des colonies. Le Directoire exige la restitution des colonies françaises et de ses alliés mais Londres refuse de lâcher Le Cap et Ceylan. La Grande-Bretagne poursuit la lutte contre la France et ne tarde pas à monter une deuxième coalition.

Chronologie[modifier]

17 octobre 1797 : Traité de Campo-Formio, la France annexe les Pays-Bas autrichiens, et signe la paix avec l'Archiduché d'Autriche et le Royaume du Portugal. Le Royaume de Grande-Bretagne continue la lutte seul. Fin de la première coalition    

---> 2 ème coalition 1798-1800  

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