5 - CINQUIEME COALITION - 1809 (suite)

Wagram

Article principal : Bataille de Wagram.

Voltigeurs français lors de la bataille de Wagram au début du mois de juillet 1809

Après sa défaite à Aspern-Essling, Napoléon passa six semaines à planifier son offensive pour parer à toute éventualité avant de tenter une nouvelle traversée du Danube[32]. Les français amenèrent plus de soldats, de canons et mirent en place de meilleures mesures défensives pour assurer le succès de la prochaine traversée. Du 30 juin aux premiers jours du mois de juillet, les français franchirent le Danube de vive force avec pas moins de 188 000 hommes marchant à travers le Marchfeld en direction des autrichiens[32]. Initialement, la seule résistance fut celle des divisions avancées de Nordmann et de Johann von Klenau car le gros de l'armée se tenait 8 km en retrait autour du village de Wagram[33]. Après avoir réussi la traversée, Napoléon ordonna une offensive générale pour éviter que les autrichiens ne puissent s'échapper durant la nuit. De violents assauts menés par le contre le village de Baumersdorf permirent aux français de remporter une victoire presque immédiate mais au final, les autrichiens réussirent à tenir leurs positions et bloquèrent l'avancée française. Des attaques incessantes de la cavalerie de Vincent Chevauleger forcèrent les unités à se retirer, laissant les français sans gains. De nouvelles attaques sur la gauche de la ligne menées par MacDonald ne permirent aucune avancée significative. À la fin du premier jour, les français avaient pris pied dans le Marchfeld mais ils ne purent aller plus loin.

Le 6 juillet, Charles planifia un encerclement qui nécessitait une marche rapide des forces de son frère Jean à quelques kilomètres à l'est du champ de bataille. La plan de Napoléon impliquait également une encerclement du flanc gauche de l'armée autrichienne par le IIIe corps de Davout tandis que le reste de l'armée bloquait les forces autrichiennes. Le IVe corps de Klenau soutenu par le IIIe de Kollowrat ouvrit les hostilités le deuxième jour à 4h00 avec un puissant assaut sur la gauche de la ligne française qui dut abandonner Aspern et Essling. Dans le même temps, un événement consternant se produisit durant la nuit. Bernadotte avait unilatéralement retiré ses troupes du village clé d'Aderklaa du fait d'un bombardement d'artillerie ce qui compromettait sérieusement l'ensemble du dispositif français[33]. Napoléon était horrifié et envoya deux divisions du corps de Masséna soutenu par la cavalerie pour reprendre le village critique. Après des combats difficiles au départ, Masséna envoya la division de réserve de Molitor, ce qui permit lentement mais surement de reprendre le contrôle d'Aderklaa avant de le reperde après de violentes contre-attaques autrichiennes. Pour gagner du temps et permettre à l'attaque de Davout de se mettre en place, Napoléon envoya 4 000 cuirassiers contre les lignes autrichiennes[34] mais leurs efforts ne menèrent à rien. Pour sécuriser son centre et sa gauche, Napoléon assembla une grande batterie de 112 canons qui commença à pilonner lourdement les lignes autrichiennes.

Comme les hommes de Davout progressaient contre la gauche autrichienne, Napoléon lança l'attaque sur le centre. les troupes furent décimée par l'artillerie autrichienne mais ils parvinrent à percer au centre, cependant l'avancée tactique ne put être exploitée du fait du manque de cavalerie dans la zone. Néanmoins, lorsque Charles jaugea la situation, il réalisa que ce n'était plus qu'une question de temps avant que le dispositif ne s'effondre completement et il ordonna une retraite vers la Bohème dans l'après-midi. Son frère Jean arriva sur le champ de bataille à 14h00, trop tard pour avoir un quelconque impact sur le résultat et il se retira également vers la Bohême.

Les français ne poursuivirent pas immédiatement les autrichiens car ils étaient épuisés par deux jours de combats féroces. Après avoir récupérés, ils poursuivirent les autrichiens et les rattrapèrent à Znaïm à la mi-juillet. Charles dut signer un armistice avec Napoléon. Les combats entre la France et l'Autriche étaient effectivement finis bien que plusieurs mois de querelles furent encore nécessaires avant la signature du traité de paix.

Autres théâtres

Encouragés par les autrichiens à se libérer du joug des alliés bavarois de Napoléon, les habitants de la région alpines du Tyrol se soulevèrent en 1809 mais furent finalement vaincus.

En Italie, l'archiduc Jean attaqua le beau-fils de Napoléon, Eugène de Beauharnais. Les autrichiens repoussèrent plusieurs assauts français lors de la bataille de Sacile en avril. Eugène dut se replier sur Vérone et sur l'Adige mais ce dernier regroupa ses forces avant de lancer une offensive mieux préparée qui permit d'expulser les autrichiens du nord de l'Italie. Au moment de Wagram, les forces d'Eugène rejoignirent l'armée principale de Napoléon[35]. En Dalmatie, Marmont, sous le commandement nominal d'Eugène, combattit contre le général Stoichewich. Marmont lança une offensive dans les montagnes le 30 avril mais il fut repoussé par les "grenzers"[36]. En dépit des revers initiaux, Marmont continua ses attaques et rejoignit Napoléon à Wagram.

Dans le duché de Varsovie, Poniatowski battit les autrichiens à Raszyn le 19 avril, empechant les forces autrichiennes de traverser la Vistule et libéra Varsovie de l'occupation autrichienne. Dans le Tyrol, Andreas Hofer mena une rébellion contre la domination bavaroise et française. Le soulevement rencontra plus de succès et défit un corps mené par le général Junot à la bataille de Gefrees. Après la chute de la capitale, Dresde, les autrichiens repoussèrent l'armée du frère de Napoléon Jérôme Bonaparte et prirent le contrôle de toute la Saxe. Cependant à ce moment, la principale armée autrichienne avait été battue à Wagram et  la bataille de Sacile en avril. Eugène dut se replier sur Vérone et sur l'Adige mais ce dernier regroupa ses forces avant de lancer une offensive mieux préparée qui permit d'expulser les autrichiens du nord de l'Italie. Au moment de Wagram, les forces d'Eugène rejoignirent l'armée principale de Napoléon[35]. En Dalmatie, Marmont, sous le commandement nominal d'Eugène, combattit contre le général Stoichewich. Marmont lança une offensive dans les montagnes le 30 avril mais il fut repoussé par les "grenzers"[36]. En dépit des revers initiaux, Marmont continua ses attaques et rejoignit Napoléon à Wagram.

Dans le duché de Varsovie, Poniatowski battit les autrichiens à Raszyn le 19 avril, empechant les forces autrichiennes de traverser la Vistule et libéra Varsovie de l'occupation autrichienne. Dans le Tyrol, Andreas Hofer mena une rébellion contre la domination bavaroise et française. Le soulevement rencontra des succès initiaux mais fut écrasé après la victoire de Wagram. Hofer fut exécuté par un peloton d'exécution en 1810.

En Saxe, une force conjointe d'autrichiens et de Brunswickois sous le commandement du général Kienmayerl'armistice of Znaïm avait été signé.

Dans les Pays-Bas, les britanniques lancèrent l'expédition de Walcheren pour réduire la pression sur les autrichiens. La force britannique de plus de 39 000 hommes débarqua à Walcheren le 30 juillet. Cependant, les autrichiens avaient déjà perdus la guerre. L'expédition fut caractérisée par peu de combats et de lourdes pertes du fait du paludisme. Plus de 4 000 soldats moururent et les autres se retirèrent en décembre 1809</ref>40,000 British.

Conséquences

Le traité de Schönbrunn signé le 14 octobre 1809 était très dur envers l'Autriche. La France recevait la Carinthie, la Carniole et les ports de l'Adriatique tandis que la Galicie était cédée aux polonais et le Tyrol aux bavarois. L'Empire d'Autriche perdait trois millions d'habitants soit environ 20% de la population totale. L'empereur François acceptait également de payer une lourde indemnité, reconnaissait le frère de Napoléon, Joseph comme roi d'Espagne et réaffirmait son soutien au blocus continental[2]. L'armée autrichienne ne dépassera jamais plus les 150 000 hommes jusqu'à la fin des guerres napoléoniennes[2]. La défaite autrichienne ouvrait la voie au mariage de Napoléon et de la fille de l'empereur François, Marie-Louise d'Autriche. Napoléon pensait que ce mariage éliminerait une future menace autrichienne mais la politique des Habsbourgs n'était pas aussi liées aux liens familiaux que Napoléon l'avait pensé.

L'impact du conflit ne fut pas entièrement positif du point de vue français. Les révoltes dans le Tyrol et le Royaume de Westphalie durant le conflit indiquaient que la population allemande était mécontente de la domination
française. Quelques jours après la signature du traité, un allemand de 18 ans nommé Stapps tenta de poignarder l'empereur lors d'une revue militaire mais en fut empêché par le général Rapp. Les forces naissantes du nationalisme allemand étaient déjà bien implantée à cette période et la guerre de la Cinquième Coalition joua un rôle important dans leur développement[39]. En 1813, lorsque la Sixième Coalition affronta les français pour le contrôle de l'Europe centrale, les populations allemandes s'opposèrent violemment à la domination française et soutinrent largement les alliés.

La guerre sapa également la supériorité militaire française et l'image de Napoléon. La bataille d'Aspern-Essling fut la première défaite majeure de la carrière de Napoléon et fut bien accueillie dans toute l'Europe. Les autrichiens montrèrent également que la vision stratégique et l'aptitude tactique n'étaient plus un monopole français[40]. Le déclin de la compétence tactique de l'infanterie française mena les français à éviter les manœuvres et à compter sur le simple poids du nombre pour réussir une percée comme l'a montré l'attaque de MacDonald à Wagram.

La Grande Armée perdit de sa force car les vétérans disparus à Austerlitz et à Iena furent remplacés par des conscrits[41]. De plus, les armées de Napoléon étaient de plus en plus composées de soldats étrangers ce qui sapait le moral. Même si Napoléon continuait de manœuvrer avec sa brillance habituelle, comme l'a montré le redressement spectaculaire des positions françaises, la taille de plus en plus importante de ses armées rendait difficile leur utilisation même pour lui. L'étendue de la guerre augmentait trop vite pour que Napoléon puisse completement maitriser les opérations militaires. Cela lui fut fatal lors de l'invasion de la Russie en 1812.

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