5 - LA CINQUIEME COALITION (1809)

La cinquième Coalition

La guerre de la Cinquième Coalition est un conflit qui opposa une coalition menée par l'Empire d'Autriche et le Royaume-Uni à l'Empire français de Napoléon et à la Bavière. Les engagements entre la France et l'Autriche, les deux principaux belligérants, se déroulèrent dans toute l'Europe centrale entre avril et juillet et causèrent de lourdes pertes dans les deux camps. Le Royaume-Uni, déjà impliqué sur le continent dans la guerre d'Espagne, lança une expédition dans les Pays-Bas pour soulager l'Autriche mais celle-ci ne permit pas de changer le cours de la guerre. Malgré quelques victoires défensives mineures, l'absence dans la coalition de la Russie ou de la Prusse permit à Napoléon de remporter sur l'Autriche, dépassée en nombre, une victoire décisive lors de la sanglante bataille de Wagram.

Le traité de Schönbrunn qui met fin au conflit est extrêmement dur pour l'Autriche. Metternich et l'archiduc Charles avaient la préservation de l'Empire d'Autriche comme objectif fondamental et firent de larges concessions pour obtenir une alliance franco-autrichienne et un traité d'amitié[1]. Si la plupart des terres héréditaires restaient aux mains des Habsbourgs, l'Autriche dut céder les Provinces illyriennes à la France, la Galicie occidentale au Duché de Varsovie et le Tyrol au Royaume de Bavière[1]. L'Autriche perd trois millions d'habitants soit un cinquième de sa population totale[2]. Malgré la poursuite des combats dans la péninsule ibérique, la guerre de la Cinquième Coalition est le dernier conflit majeur en Europe jusqu'à ce que l'invasion française de la Russie en 1812 n'entraine la création de la Sixième Coalition.

Contexte

Depuis 1792, l'Europe est en état de guerre quasi-permanent opposant la France révolutionnaire à une série de coalitions. Après cinq ans d'affrontements, la Première République remporta la victoire sur la Première Coalition. Une Deuxième Coalition fut formée en 1798 mais elle est battue. En mars 1802, la France (gouvernée par Napoléon en tant que Premier consul) et la Grande-Bretagne acceptent de mettre fin aux hostilités lors du traité d'Amiens. Pour la première fois en dix ans, l'Europe était en paix. Cependant de nombreux différents restaient non résolus et la mise en place des accords signés à Amiens était délicate. La Grande-Bretagne supportait mal la restitution de toutes ses conquêtes coloniales depuis 1793 alors que la France put conserver la plupart de ses conquêtes en Europe. La France, de son côté, n'appréciait pas le maintien des troupes britanniques sur l'île de Malte[3]. En mai 1803, le Royaume-Uni déclare la guerre à la France.

Troisième Coalition (1804–1805)

Article principal : Troisième Coalition.

Avec la reprise des hostilités, Napoléon (proclamé empereur en 1804) planifia l'invasion du Royaume-Uni. En décembre 1804, un accord entre la Suède et le Royaume-Uni donna naissance à la Troisième Coalition. Le premier ministre britannique William Pitt passa les années 1804-1805 à essayer de former une nouvelle coalition contre la France. Les méfiances réciproques entre le Royaume-Uni et l'Empire russe furent apaisées par les erreurs françaises et les deux signèrent un traité d'alliance en avril 1805[4]. Alarmée par les récentes avancées françaises dans le nord de l'Italie et souhaitant prendre sa revanche sur la France, l'Autriche rejoignit la coalition quelques mois plus tard[5].

En aout 1805, la Grande Armée française envahit les états allemands dans l'espoir d'écraser l'Autriche avant l'intervention russe. Le 25 aout, 200 000 soldats français franchissent le Rhin sur un front de 260 km[6]. Karl Mack avait rassemblé la plus grande partie de l'armée autrichienne à la forteresse d'Ulm en Bavière. Napoléon planifia une manœuvre de contournement qui lui permettrait d'attaquer l'arrière des autrichiens. La manœuvre d'Ulm est bien exécutée et le 20 octobre, Mack et 23 000 autrichiens se rendent, ce qui porte le nombre de prisonniers autrichiens durant la campagne à 60 000[6]. Les français prennent Vienne et remportent une éclatante victoire sur l'armée russo-autrichienne lors de la bataille d'Austerlitz le 2 décembre. La bataille entraine l'évacuation des troupes russes d'Europe centrale et l'humiliation de l'Autriche qui doit signer le traité de Presbourg le 26 décembre.

Quatrième Coalition (1806–1807)

Article principal : Quatrième Coalition.

La bataille d'Austerlitz entraina un changement majeur dans l'équilibre des puissances en Europe. La Prusse s'inquiétait de sa sécurité et avec la Russie, elle déclare la guerre à la France en 1806. 180 000 soldats français envahissent la Prusse au cours de l'automne 1806 en passant à travers la Forêt de Thuringe, sans savoir où se trouvait l'armée prussienne[7]. La bataille décisive eut lieu le 14 octobre lorsque les 90 000 Français commandés par Napoléon écrasèrent Hohenloe à la bataille d'Iéna mais Davout et ses 27 000 hommes surprend tout le monde en remportant une éclatante victoire sur les 63 000 Prussiens commandés par le roi Frédéric-Guillaume III et le duc de Brunswick lors de la bataille d'Auerstaedt[8]. L'armée française se lance ensuite à la poursuite des restes de l'armée prussienne dans le nord de l'Allemagne puis entre en Pologne, alors divisée entre la Prusse, l'Autriche et la Russie, pour affronter les troupes russes qui n'avaient pas pu sauver la Prusse.

Les deux armées se rencontrent en février 1807 dans la sanglante mais indécise bataille d'Eylau qui coute la vie à près de 30 000 hommes. Napoléon regroupe ses forces après la bataille et poursuit les Russes dans les mois suivants. Ces affrontements atteignent leur paroxysme lors de la bataille de Friedland le 14 juin 1807 qui est une victoire sans appel pour la France. Le traité de Tilsit qui met fin à cette coalition et à deux ans d'affrontements en Europe consacre la position dominante de la France en Europe. Il affaiblit considérablement la Prusse et forme un axe franco-russe destiné à résoudre les conflits entre les nations européennes.

Guerre en Espagne (1807–1809)

Article principal : Guerre d'indépendance espagnole.

Le 17 octobre 1807, 24 000[9] soldats français commandées par le général Junot franchissent les Pyrénées avec l'accord de Espagne et avancent en direction du Portugal pour faire appliquer le Blocus continental de Napoléon. Il s'agissait de la première étape de la Guerre d'Espagne qui durera six ans et sapera la puissance française. Tout au long de l'hiver 1807-1808, les agents français devinrent de plus en plus impliqués dans les affaires intérieures et tentèrent de semer la discorde parmi les membres de la famille royale espagnole. Le 16 février 1808, les machinations secrètes françaises se matérialisèrent lorsque Napoléon annonça qu'il interviendrait en tant que médiateur entre les factions rivales de la monarchie espagnole[10]. Le maréchal Murat mena 120 000 soldats en Espagne et arriva à Madrid le 24 mars[11] où de violentes émeutes contre l'occupation avaient éclatées quelques semaines auparavant. La résistance à l'agression française se répandit dans tout le pays. La défaite inattendue des français lors de la bataille de Bailén donna de l'espoir aux opposants de Napoléon et persuada l'empereur d'intervenir en personne. Une nouvelle armée française commandée par Napoléon franchit l'Èbre à l'automne et écrase toutes les armées espagnoles qu'elle affronte. Napoléon entre dans Madrid le 4 décembre avec 80 000 hommes[12]. Il lance ensuite ses troupes contre les forces britanniques de Moore. Les britanniques sont rapidement chassés de la côte et de toute la péninsule après la bataille de La Corogne en janvier 1809.

Solitude de l'Autriche

L'Autriche cherchait une nouvelle confrontation avec la France pour venger les récentes défaites et l'évolution de la guerre en Espagne encouragea cette attitude. L'Autriche ne pouvait pas compter sur la Russie car elle était en guerre avec la Grande-Bretagne, la Suède (l'Autriche ne pouvait donc pas non plus compter sur la Suède) et l'Empire Ottoman. Frédéric-Guillaume III de Prusse avait initialement promis d'aider l'Autriche mais se renia avant le déclenchement de la guerre[13]. Un rapport du ministre des finances autrichien prévoyait la faillite vers le milieu de l'année 1809 si la large armée formée depuis la Troisième Coalition restait mobilisée[13]. Même si Charles Louis d'Autriche avait averti que les autrichiens n'étaient pas près pour une nouvelle confrontation avec Napoléon, une position qui le plaçait du côté du soi-disant "parti de la paix", il ne voulait pas démobiliser l'armée[13]. Le 8 février 1809, les bellicistes au sein du gouvernement impérial eurent finalement gain de cause et décidèrent secrètement de mener une guerre contre la France.

Réformes autrichiennes

Le désastre d'Austerlitz et le traité de Presbourg de 1805 indiquaient que l'armée autrichienne avait besoin de réformes. Napoléon avait offert le trône d'Autriche à Charles après Austerlitz, ce qui lui valut la méfiance de son frère, l'empereur François II d'Autriche. Même si Charles était autorisé à mener des réformes dans l'armée autrichienne, François conservait le contrôle du Hofkriegsrat (Conseil aulique) afin de superviser les activités de Charles en tant que commandant suprême[14].

En 1806, Charles émit de nouvelles règles concernant l'armée et les tactiques. L'innovation principale était le concept de "mass", une formation anti-cavalerie basée sur le carré militaire[14]. Cependant, les officiers autrichiens n'appréciaient pas cette tactique et elle fut rarement utilisée à moins d'être directement supervisée par Charles[14]. Après les défaites d'Ulm et d'Austerlitz, les autrichiens réintroduisirent le modèle de six compagnies par bataillon en remplacement du modèle de quatre compagnies par bataillon introduit par Mack à la veille de la guerre en 1805[14]. Les problèmes continuaient cependant en dépit des réformes. Les autrichiens manquaient de tirailleurs pour rivaliser avec leurs équivalents français. De même, la cavalerie était souvent divisée en petites unités dispersées dans toute l'armée et ne disposait pas de la puissance des larges unités de cavalerie françaises. Même si Charles avait tenté d'introduire la structure de commandement française, les officiers autrichiens manquaient souvent d'initiative et basaient leurs décisions sur le plan initial ou sur des ordres écrits[15].

L'archiduc Charles

L'empereur Napoléon Ier

Comme l'Autriche avait perdu de nombreux officiers et soldats réguliers et ne pouvait pas compter sur des alliés, elle utilisa la levée en masse employée auparavant par les français. À ce moment, les français remplaçaient le système de levée en faveur d'une armée professionnelle basée sur les vétérans et les troupes d'élite. Dans une étrange inversion des premières confrontations de la Révolution Française lorsque les soldats français inexpérimentés étaient poussés au combat contre l'armée professionnelle autrichienne, une large armée de conscrits autrichiens, sans expérience et un entrainement rudimentaire, était envoyée contre les troupes d'élite de la Grande Armée française.

Préparatifs autrichiens :

Charles et le conseil aulique étaient divisés sur la stratégie à suivre. Charles voulait une puissante poussée depuis la Bohème afin d'isoler les forces française en Allemagne du Nord et achever rapidement les hostilités[16]. La plus grande partie de l'armée autrichienne étant déjà positionnée dans cette zone, cela semblait l'opération la plus logique[16]. Le conseil aulique était cependant réticent car le Danube diviserait les forces de Charles et celles de son frère, l'archiduc Jean[16]. Il suggéra à la place que l'attaque principale devait être lancée au sud du Danube pour pouvoir maintenir des communications aisées avec Vienne[16]. Le conseil l'emporta mais un temps précieux avait été perdu. Le plan d'attaque autrichien prévoyait que les 38 000 hommes de Bellegarde et les 20 000 hommes de Kollowrat devaient attaquer Ratisbonne à partir des montagnes bohèmes en passant par le district de Cham. Le centre et les réserves autrichiens comprenant 66 000 hommes devaient également avancer sur Ratisbonne en passant par Schärding et les 61 000 soldats de l'aile gauche menés par Kienmayer devaient prendre Landshut et sécuriser le flanc gauche de l'offensive[17].

Préparatifs français :Napoléon n'était pas entièrement certain des intentions autrichiennes. Il était à Paris et conseillait le principal commandant français dans le Sud de l'Allemagne, Berthier sur les points stratégiques et le déploiement des forces. Il prévoyait de faire de la vallée du Danube le principal théâtre d'opération comme il l'avait fait en 1805 et pour empêcher une invasion autrichienne de l'Italie du Nord, il déploya des unités commandées par Eugène de Beauharnais et Marmont[18]. De mauvais renseignements donnèrent à Napoléon l'impression que l'attaque autrichienne principale viendrait au nord du Danube[19] et le 30 mars, il écrivit une lettre à Berthier expliquant son intention de masser 140 000 soldats aux alentours de Ratisbonne, bien plus au nord d'où les autrichiens prévoyaient d'attaquer[18]. Ces erreurs de jugements firent que l'armée française était mal positionnée au début des hostilités.

Opérations militaires

  Situation stratégique en Europe en février 1809

L'Autriche frappe la première[modifier]

  Situation générale du 17 au 19 avril montrant les autrichiens avançant vers la ville stratégique de Ratisbonne dans l'espoir de détruire le IIIe corps français isolé.

Au matin du 10 avril, des éléments d'avant-garde de l'armée autrichienne franchirent l'Inn et entrèrent en Bavière. Les mauvaises routes et le temps pluvieux ralentirent l'avancée autrichienne durant la première semaine mais les unités bavaroises durent lentement se retirer. L'attaque autrichienne arriva une semaine avant ce que Napoléon avait anticipé et en son absence, le rôle de Berthier devint critique. Berthier se révéla être un mauvais commandant, une caractéristique aggravée par le fait que plusieurs messages de Paris arrivèrent en retard et furent mal interprétés lorsqu'ils arrivèrent au quartier général[20]. Alors que Napoléon avait écrit à Berthier qu'une attaque autrichienne avant le 15 avril devrait être reçue par une concentration française autour de Donauwörth et d'Augsburg, Berthier se concentra sur une phrase appelant Davout à stationner son IIIe corps autour de Ratisbonne et ordonna au "maréchal de fer" de progresser sur la ville en dépit de la pression autrichienne[20].

La Grande Armée d'Allemagne était maintenant dans une position périlleuse car ses deux ailes séparées de 75 km étaient uniquement liés par le mince cordon bavarois. Berthier, les maréchaux français et les sans-grades étaient tous évidemment frustrés par l'apparente inutilité des marches et des contre-marches[21]. Le 16 avril, l'avant-garde autrichienne avait repoussé les bavarois jusqu'à Landshut et sécurisé un passage sur l'Isar. Napoléon arriva finalement à Donauwörth le 17 avril après une furieuse chevauchée depuis Paris. Charles se félicita de ses premiers succès et envisagea de détruire les corps isolés de Davout et de Lefebvre dans une manœuvre d'encerclement. Quand Napoléon réalisa que d'importantes troupes autrichiennes avaient déjà franchis l'Isar et marchaient vers le Danube, il insista pour que toute l'armée française soit déployée derrière l'Ulm en moins de 48 heures dans l'espoir de rattraper les erreurs de Berthier[22]. Ses ordres étaient cependant irréalistes car il sous-estimait le nombre de troupes autrichiennes qui avançaient vers Davout ; Napoléon croyait que Charles n'avait qu'un seul corps au delà de l'Isar mais en fait, les autrichiens avaient cinq corps progressant vers Ratisbonne soit 80 000 hommes[22]. Napoléon devait agir rapidement pour sauver son flanc gauche de la destruction.

La manœuvre de Landshut[La manœuvre de Landshut et l'expulsion des forces autrichiennes de Bavière.

Davout anticipa le danger et retira ses troupes de Ratisbonne en ne laissant qu'une garnison de 2 000 hommes[23]. Les colonnes autrichiennes avançant vers le nord dans la région de Kelheim-Abbach rencontrèrent quatre colonnes françaises progressant vers l'ouest en direction de Neustadt au début du 19 avril. Les attaques autrichiennes furent lentes, mal-coordonnées et aisément repoussés par les vétérans du IIIe corps français. Napoléon savait que des combats avaient lieu dans le secteur de Davout et planifia une nouvelle stratégie pour battre les autrichiens : Tandis que les autrichiens attaquaient au nord, le corps de Masséna, plus tard renforcé par les forces de Oudinot pourraient attaquer au sud-est en direction de Freising et de Landshut dans l'espoir d'encercler la totalité de la ligne autrichienne et de soulager la pression sur les troupes de Davout[24]. Napoléon était raisonnablement confiant dans la capacité de Davout et de Lefebvre à fixer les autrichiens pendant que ses autres forces balayeraient les arrières des autrichiens.

Les premières attaques se déroulèrent bien car le Ve corps autrichien gardant Abensberg fut mis en déroute par les francais. Cependant, Napoléon agissait selon des renseignements erronés ce qui rendait ses objectifs difficiles à atteindre[24]. L'avancée de Masséna vers Landshut demandait trop de temps, ce qui permit à Hiller de s'échapper en traversant l'Isar au sud. Le pont sur le Danube fournissait un accès aisé à Ratisbonne et permit aux autrichiens de s'échapper ce qui empêcha la destruction complète de l'armée voulue par Napoléon. Le 20 avril, les autrichiens avaient perdus 10 000 hommes, 30 canons et 7 000 véhicules mais représentaient toujours une force combattante redoutable[24]. Dans la soirée, Napoléon réalisa que les combats de la journée n'avaient impliqués de deux corps autrichiens. Charles avait encore la possibilité de s'échapper vers l'est en direction de Straubing s'il le voulait.

Le 21, Napoléon reçut une dépêche de Davout qui parlait d'affrontements majeurs près de Teugen-Hausen. Davout conserva ses positions et malgré l'envoi de renforts, environ 36 000 français affrontaient 75 000 autrichiens[25]. Lorsque Napoléon apprit finalement que Charles ne se retirait pas vers l'est, il réaligna l'axe de la Grande Armée dans une opération connue sous le nom de manœuvre de Landshut. Toutes les forces françaises disponibles, à l'exception des 20 000 soldats de Bessieres qui pourchassaient Hiller se précipitèrent contre Eckmühl dans une nouvelle tentative pour encercler les autrichiens et soulager leurs camarades assiégés[26]. Le 22 avril, Charles avait laissé 40 000 hommes sous le commandement de Rosenburg et Hohenzollern pour attaquer Davout et Lefebvre tandis qu'il avait détaché deux corps commandés par Kollowrat et Lichtenstein pour s'emparer de la rive de l'Abbach[26].

À 13h00, cependant, le son du canon au sud pouvait être entendu annonçant l'arrivée de Napoléon. Davout ordonna immédiatement une attaque générale sur l'ensemble de la ligne en dépit de son infériorité numérique[27]. Les renforts de Napoléon décimèrent le flanc gauche autrichien. La bataille d'Eckmühl se termina par une large victoire francaise et Charles décida de se retirer au delà du Danube vers Ratisbonne. Napoléon lança ensuite Masséna pour reprendre Straubing à l'est tandis que le reste de l'armée poursuivit les autrichiens en déroute. Les français reprirent Ratisbonne après une charge héroïque menée par Marshal Lannes mais la grande majorité des forces autrichiennes parvint à se retirer en Bohème. Napoléon tourna ensuite son attention au sud vers Vienne où il affronta plusieurs fois les forces de Hiller comme lors de la bataille d'Ebersberg le 3 mai. Dix jours plus tard, la capitale autrichienne tombe pour la deuxième fois en quatre ans.

Aspern-Essling - 1809 

Article principal : Bataille d'Essling.

Charge des grenadiers autrichiens lors de la bataille d'Essling le 22 mai 1809, par Felician Myrbach.

Les 16 et 17 mai, la principale armée autrichienne commandée par Charles arriva dans le Marchfeld, une plaine au nord-est de Vienne juste au delà du Danube qui servait souvent de zone d'entrainement pour les forces militaires autrichiennes. Charles garda le gros de ses forces à plusieurs kilomètres derrière le fleuve afin de pouvoir déployer ses troupes où Napoléon déciderait d'attaquer. Le 20 mai, Charles apprit par ses observateurs sur la colline de Bissam que les français construisaient un pont à Kaiser-Ebersdorf

 Juste au sud-ouest de l'île de Lobau qui menait au Marchfeld. Le 21, Les français franchirent le Danube de vive force à Kaiser-Ebersdorf et Charles ordonna une avance générale de ses 98 000 hommes et 292 canons organisés en cinq colonnes[29]. La tête de pont française reposait sur deux villages : Aspern à l'ouest et Essling à l'est. Napoléon n'avait pas prévu de rencontrer une opposition et les ponts reliant les troupes françaises d'Aspern-Essling à Lobau n'étaient pas protégés avec des palissades, ce qui les rendaient hautement vulnérables face aux navires autrichiens qui auraient été enflammés[29].

La bataille d'Aspern-Essling commença à 14h30 le 21 mai. Les premières attaques autrichiennes mal coordonnées contre Aspern échouèrent completement mais Charles persista. Finalement, les autrichiens parvinrent à s'emparer de tout le village. L'attaque d'Essling ne commença pas avant 18h00 car les quatrième et cinquième colonnes avaient plus de chemin à parcourir[29]. Les français repoussèrent toutes les attaques sur le village durant la journée du 21. Le 22, les combats commencèrent dès 3 h du matin et quatre heures plus tard les français avaient repris Aspern. Napoléon disposait maintenant de 71 000 hommes et 152 canons sur l'autre rive mais les français étaient toujours dangereusement inférieurs en nombre[30]. Il lança alors un assaut massif contre le centre autrichien pour donner suffisamment de temps au IIIe corps pour qu'il puisse traverser et remporter la victoire. Lannes avança avec trois divisions d'infanterie sur un kilomètre avant que les autrichiens n'engagent leurs réserves et n'obligent les français à se replier.

À 21h00, le pont français est une nouvelle fois détruit par de lourds chalands que les Autrichiens ont fait dériver grâce au courant. Charles lança une autre puissante offensive une heure plus tard et s'empare d'Aspern pour de bon mais ne put reprendre Essling. Cependant la ville tombe quelques heures plus tard malgré la défense obstiné d'un grenier à blé. Napoléon se retire mais la garde impériale commandée par Jean Rapp désobéit aux ordres de l'empereur et reprend Essling[31]. Charles poursuivit ses bombardements qui coutèrent la vie au maréchal Lannes. Les affrontements diminuèrent peu après et les français se replièrent sur l'île de Lobau. Les français n'étaient pas parvenus à traverser le Danube et Charles avait infligé la première défaite majeure de la carrière militaire de Napoléon.

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