4 - LA QUATRIEME COALITION (1806-1807)

Quatrième Coalition

La Quatrième Coalition (1806-1807) fut formée le 1er octobre 1806 contre la France napoléonienne par le Royaume-Uni, la Russie, la Suède et la Prusse, cette dernière refusant la nouvelle organisation de l'Allemagne (Confédération du Rhin), imposée par Napoléon.

Après la défaite de l'Autriche, la France et les puissances en guerre entament des pourparlers de paix. Dans le même temps, la France assoit son hégémonie sur le continent. Napoléon lance une offensive contre le royaume de Naples. Le 14 février 1806, les troupes françaises entrent dans Naples et Joseph, le frère de l'empereur, se voit offrir la couronne de ce royaume perdu pour les Bourbon. Ces derniers se réfugient à Palerme et restent maître de la Sicile avec le soutien du Royaume-Uni. En juillet, le sud de la péninsule est pacifié. Napoléon entend bien que son frère règne sous sa subordination et non en totale indépendance. La principauté de Pontecorvo est confiée à Bernadotte et cette de Bénévent à Talleyrand. Napoléon transforme la République batave en royaume de Hollande en juin 1806 qu'il confie à son frère Louis Bonaparte.

Napoléon accroît encore un peu plus son influence en Allemagne. Le 15 mars sont réunis les duchés de Berg et Clèves pour former le grand-duché de Berg confié à son beau-frère Murat. Il donne à Berthier la principauté de Neuchâtel. Il noue des liens familiaux avec les grandes familles régnantes en Bavière, Bade et Wurtemberg. Le 12 juillet 1806, il crée la Confédération du Rhin, association de 16 États allemands, sous la protection de la France. Une alliance offensive et défensive est conclue avec cette dernière. Les États de la Confédération doivent fournir des contingents militaire tandis qu'une force militaire assure la "protection" de la Confédération. Cette création marque la fin du Saint-Empire et éloigne la menace russe sur les frontières orientales de la France.

L'hégémonie française sur le continent par la vassalisation progressive des États voisins excèdent les autres puissances européennes. Napoléon tente d'intégrer la Prusse dans son système afin d'éloigner la menace russe. Le 15 février 1806 est signé le traité de Paris entre la France et la Prusse par lequel les deux pays concluent une alliance offensive et défensive. La Prusse s'engage à occuper le Hanovre britannique et à fermer ses ports au commerce avec le Royaume-Uni. Ce traité signé par Haugwitz provoque un vif ressentiment en Prusse. Un parti antifrançais se constitue. Mais paradoxalement, ce sont les pourparlers de paix avec les autres puissances qui déclenchent le basculement prussien. La rumeur circule que le Hanovre serait rendu au Royaume-Uni en gage de paix. Le 9 août, la Prusse mobilise et le 26 septembre, le roi de Prusse envoie un ultimatum à la France. Napoléon rejoint alors la Grande Armée dans le sud de l'Allemagne. La Prusse draine la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel, la Hesse-Cassel et la Saxe-Weimar dans son sillage.

La campagne de Prusse

Les troupes prussiennes, sans attendre leur allié russe, se lancent en Saxe, obligeant cette dernière à lutter à leurs côtés. Napoléon contourne les Prussiens par l'est. Il remporte une première victoire à Saalfeld le 10 octobre et surprend les Prussiens sur leurs arrières le 14 octobre 1806. Ce jour, Napoléon remporte une victoire sur Hohenlohe à Iéna tandis que Davout contient le gros des forces prussiennes sous le commandement de Frédéric-Guillaume à Auerstadt. La retraite se transforme en débandade. La Saxe quitte l'alliance prussienne pour rejoindre la France. Les troupes françaises se lancent à la conquête du royaume de Prusse. Les places fortes tombent les unes après les autres. Le 27 octobre, Napoléon entre à Berlin. Frédéric-Guillaume refuse pourtant de signer un armistice. Quelques troupes résistent encore en Silésie et en Poméranie tandis que les Russes pénètrent en Prusse orientale. Les troupes françaises doivent donc rester occuper le royaume.

La campagne de Pologne

Après avoir nommé le général Clarke, gouverneur-général de Berlin, Napoléon quitte donc la ville dans la nuit du 25 au 26 novembre. Il est à Poznań le 27.

Dix ans après le dernier partage de la Pologne, dans toutes les villes, dans toutes les campagnes, les soldats de Napoléon sont accueillis en libérateurs[11], d'autant que parmi eux se trouvent les anciens des légions polonaises de l'armée d'Italie de Dombrowski. L'insurrection des provinces polonaises contre l'occupant prussien ou russe fournit à Napoléon 30 000 hommes.

Devant Varsovie, les Russes se dérobent et refusent de livrer bataille. Murat s'empare de Praga faubourg de la capitale et les poursuit sur le Boug. Les Russes détruisent les ponts derrière eux. Bien que plus petit que la Vistule, le Boug est à cet endroit aussi fort que la Seine à Paris, la reconstruction des ponts sera un travail considérable.

Le 28 novembre au soir, Murat entre à Varsovie. Il est rejoint par Davout le 29. Le 6 décembre, plus au Nord, Ney passe la Vistule dont le cours est encombré de glace et entre à Thorn. Le général Dulauloy est nommé gouverneur de la ville.

Les traités signés à Poznań, le 11 et 15 décembre avec Frédéric-Auguste III de Saxe, devenu le 6 août précédent, par la volonté de Napoléon, roi de Saxe, sous le nom de Frédéric-Auguste Ier de Saxe, fournissent 8 800 hommes[12].

L'armée du prince Jérôme, composée de divisions bavaroises et wurtembourgeoises, est devant Głogów, capitale de la Basse-Silésie. La ville est entourée de bonnes fortifications. Jérôme fait construire des batteries autour de la place et laisse le général Vandamme continuer le siège pour se porter sur Breslau (aujourd'hui Wrocław), à la rencontre des Russes. La ville se rend le 29 décembre, dès le début du bombardement. 2 500 hommes, 200 canons et de nombreux magasins sont le résultat de cette conquête.

Chronologie

Article détaillé : Campagne de Prusse et de Pologne.

Cette guerre est marquée par la campagne de Saxe qui, après les victoires françaises d'Iéna et d'Auerstaedt (14 octobre 1806), aboutissent à la défaite prussienne et à la campagne de Pologne contre les Russes. Ceux-ci, vaincus à Eylau (8 février 1807), subissent une écrasante défaite à Friedland (14 juin 1807). Les traités de Tilsitt (7-9 juillet 1807), qui démembrent la Prusse, mettent fin à la quatrième coalition. Des accords secrets préparent les bases d'une alliance entre Napoléon et Alexandre Ier.

Ordre de bataille français lors de la campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807)

Ce qui suit est l'ordre de bataille des forces militaires françaises ayant participé à la campagne de Prusse et de Pologne pendant la quatrième Coalition. Situation au 1er octobre 1806.

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