1 - PREMIERE COALITION - 1792-1797 (A)

La Première Coalition est  formée entre 1792 et 1797,

par les puissances européennes contre la France révolutionnaire.

Elle s'est constituée après le début du conflit : déclaration de guerre à l'Autriche le 20 avril 1792, puis invasion par la Prusse suite au manifeste de Brunswick (25 juillet 1792).

Après le but avoué de la Convention d'exporter la Révolution, l'invasion de la Belgique et des Pays Bas par les armées françaises, l'exécution de Louis XVI en janvier 1793 et l'offensive française sur l'Escaut, une coalition militaire est formée :

L'origine du conflit[modifier]

Ce conflit trouve son origine dans les bouleversements que connaît la France à cette époque. Cela fait maintenant trois ans que la Révolution a été déclenchée. Cette révolution, même si elle inquiète certaines monarchies, par les idées qu'elle véhicule, est loin de provoquer une guerre dans la mesure où les cours européennes y voient un affaiblissement de la France. Les Constituants ne désiraient pas la guerre et font tout pour rassurer les grandes puissances, même si l'annexion du Comtat Venaissin et l'abolition des droits féodaux froissent les États pontificaux et les seigneurs allemands qui disposent de fiefs en France. Louis XVI, pourtant, frustré de la perte de ses pouvoirs absolus, ne cesse de réclamer de l'aide de la part des souverains étrangers, et notamment l'Autriche, mère patrie de sa femme Marie-Antoinette. Il est soutenu dans ses demandes par les princes émigrés qui se massent aux frontières du royaume. L'idée d'une intervention militaire contre la France fait progressivement son chemin et s'accélère après la tentative de fuite du roi. Léopold de Habsbourg et Frédéric-Guillaume II de Prusse publient la déclaration de Pillnitz le 27 août 1791 dans laquelle ils invitent les autres États à se joindre à eux contre la Révolution. La neutralité britannique bloque la situation mais elle provoque des tensions en France.

Les Girondins, qui constituent une part importante des députés de la nouvelle Assemblée Législative, ne sont pas hostiles à une guerre contre l'Autriche pour plusieurs raisons. Ils désirent exporter les idées révolutionnaires et libérer les autres peuples du joug des souverains et de l'aristocratie. Ils espèrent également résorber la crise économique et éloigner l'opinion publique de cette même crise en l'orientant vers les menaces extérieures. Seul Robespierre et les démocrates s'opposent à la guerre car ils ont bien compris quel est le rôle de la Cour et que cette dernière ne veut la guerre que pour recouvrer la puissance perdue. Le 25 mars 1792, la France lance un ultimatum à l'Autriche, lui enjoignant de dénoncer son accord avec la Prusse, qui marque une intention belliciste à son égard. L'empereur ne répond pas si bien que la France déclare la guerre au "roi de Hongrie et de Bohême" le 20 avril 1792. La Prusse, conformément à l'accord précédent, déclare la guerre à la France le 20 mai 1792.

Les offensives françaises

Les armées alliées sont inférieures en nombre mais elles peuvent compter sur une armée française désorganisée avec la fuite des émigrés, la faiblesse de l'état-major et l'insuffisance de l'équipement et de l'armement. Après la prise de Porrentruy le 28 avril 1792, une première offensive française sur les Pays-Bas autrichiens se solde par un échec total car à la vue de l'ennemi, les généraux Theobald de Dillon et Biron ordonnent la retraite. Dillon est massacré par ses troupes et les Autrichiens entament le siège de Lille. L'Assemblée Législative proclame la patrie en danger. Le duc de Brunswick lance un appel au peuple parisien, le menaçant de destruction s'il était fait le moindre outrage à la famille royale, ce qui n'a pour effet que de galvaniser la ferveur patriotique et révolutionnaire. Une insurrection le 10 août 1792 balaye la monarchie. Le 19 août, Brunswick pénètre en France et prend Longwy. Verdun est prise à son tour le 2 septembre. Dumouriez tente de résister à l'avance des alliés mais en vain. Ses lignes sont percées et il se retire vers le sud. La route de Paris est ouverte pour les alliés mais l'armée de Dumouriez rejoint l'armée de Metz, commandée par Kellermann. Le duc de Brunswick, ne pouvant laisser des troupes ennemies sur ses arrières, décide d'attaquer mais il est stoppé le 20 septembre à la bataille de Valmy. Cette dernière est davantage une victoire morale que stratégique mais elle provoque tout de même le retrait de l'armée prussienne. La France recouvre Verdun et Longwy.

La République est proclamée le lendemain de la victoire de Valmy et transforme un peu plus le conflit en conflit idéologique. Les armées françaises lancent l'offensive sur tous les fronts. Au sud, l'armée du Var, sous le commandement du général Jacques Bernard d'Anselme, entre à Nice le 29 septembre 1792. Montesquiou libère la Savoie. Custine lance l'offensive sur le Rhin et s'empare de Spire le 25 septembre, Worms le 5 octobre, Mayence le 21 octobre et Francfort le 23 octobre. Au Nord, Dumouriez contraint les Autrichiens à la retraite et entre aux Pays-Bas autrichiens. Il remporte une victoire à Jemappes, près de Mons, ce qui lui permet de conquérir l'ensemble des Pays-Bas en novembre. Tous les territoires libérés par les armées françaises demandent leur annexion à la France ce qui engendre de la gêne chez les Conventionnels. Ces derniers se posent la question d'une guerre de libération ou d'une guerre de conquête. La question est tranchée dans le sens de l'annexion, seule possibilité de libération des peuples opprimés. C'est ainsi que la Savoie est annexée le 27 novembre 1792, puis le comté de Nice le 31 janvier 1793, la principauté de Salm le 2 mars, l'évêché de Bâle le 23 mars et enfin la Belgique le 30 mars.

La formation de la coalition et les contre-offensives des coalisés

La récente agressivité de la République française provoque un changement d'attitude au sein des cours européennes. Les tensions s'enveniment avec l'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793. La Grande-Bretagne avait bien accueilli au départ les événements en France. Mais rapidement, elle revient à sa politique d'équilibre européen lorsque la France multiplie les annexions. L'intégration de la Belgique et l'ouverture de l'Escaut donnent des arguments aux partisans de la guerre en Grande-Bretagne. Londres ne peut supporter que la place financière d'Anvers soit aux mains des Français. Le 24 janvier 1793, l'ambassadeur français à Londres, Chauvelin, est sommé de quitter le pays. En France aussi, les partisans de la guerre contre la Grande-Bretagne sont nombreux. Ils redoutent la concurrence économique, commerciale et coloniale britannique. Le 1er février 1793, La Convention déclare la guerre à la Grande-Bretagne et aux Provinces-Unies. La France voit dans un conflit avec cette dernière un moyen de mettre la main sur la Banque d'Amsterdam. La Grande-Bretagne s'entend rapidement avec la Russie pour interdire l'importation de grain de France. N'ayant pas d'armée, elle signe des traités avec les princes allemands pour qu'ils puissent lever des armées. La politique extérieure britannique reste identique pendant le long conflit qui l'occupe contre la France : versement de subsides aux puissances continentales afin qu'elles lèvent des armées contre la France pendant que la Marine britannique tente d'asphyxier la France par blocus et la prise de colonies. Une fois la Grande-Bretagne intégrée dans le conflit, les autres puissances ne tardent pas à suivre. L'Espagne rompt ses relations diplomatiques avec la République française qui lui déclare la guerre le 7 mars. Les Etats pontificaux, les Naples, Parme, Modène, la Toscane et le Portugal ne tardent pas à suivre. Pourtant ces États ne sont pas liés au sein d'une grande coalition mais sont liés à la Grande-Bretagne par des traités bilatéraux.

La levée en masse pour faire face à cette formidable coalition provoque des troubles internes qui se terminent par une véritable guerre civile en Vendée. La République française doit donc faire face sur deux fronts. En février, Dumouriez lance l'offensive en Hollande et prend Bréda mais l'armée autrichienne commandée par Cobourg pénètre en Belgique en mars. Devant l'avance rapide de ce dernier, Dumouriez se replie vers le sud et affronte le général autrichien à Neerwinden le 18 mars où il est battu et une nouvelle fois à Louvain le 21 mars. Dumouriez entame des tractations avec Cobourg et lui livre la Belgique. Il avait l'ambition de retourner son armée contre Paris afin de restaurer la Constitution de 1791. Devant le refus des soldats de le suivre, il se range aux côtés des Autrichiens. La Belgique est perdue pour la France. Le 25 mars, Brunswick franchit le Rhin et refoule l'armée de Custine vers le sud. Il reprend Worms et Spire et vient mettre le siège devant Mayence. En avril, les coalisés se retrouvent en conférence à Anvers. Ils désirent restaurer la monarchie absolue en France et obtenir des indemnités territoriales.

L'offensive se poursuit désormais sur tous les fronts. Au nord, les Autrichiens s'emparent de Condé le 10 juillet, de Valenciennes le 28 juillet puis de Le Quesnoy et Maubeuge, s'ouvrant ainsi la route de Paris. Le 28 juillet, Mayence, défendue par Kléber et Merlin de Thionville, finit par capituler devant les Prussiens, qui viennent mettre le siège devant Landau. Au sud, les Piémontais envahissent la Savoie et les Espagnols franchissent la frontière en direction de Perpignan et de Bayonne. Les armées républicaines reculent sur tous les fronts. Le duc d'York qui commande 20000 Hanovriens et 15000 Hollandais, se dirige vers Dunkerque.

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