Second Empire - La guerre de 1870 (1)

 

LE 94e DANS LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE

 Durant l’année 1870, une crise politique internationale de grande ampleur naquit de l’absence d’héritier au trône d’Espagne : la volonté de la Prusse d’imposer un prince Allemand, alors que traditionnellement la France assurait ce rôle, tendit les relations diplomatiques.

La Prusse retira sa candidature face à la pression française mais le Chancelier allemand Bismarck, cherchant un casus belli avec la France pour établir enfin l’unité de tous les états allemands autour de la Prusse, utilisa la dépêche d’Ems envoyée par l’empereur français pour monter les deux opinions publiques.

Le 19 juillet 1870, la guerre fut déclarée au royaume de Prusse. Le régiment au sein de la 2° brigade aux ordres du général Collin, appartenait à la 2e division du général Laffont de Villers, placée sous les ordres du maréchal Canrobert (6Ü corps). Le 10 août, le régiment commandé par le colonel de Geslin arriva à Metz pour participer à sa défense.

Du 15 au 17 août, le régiment fut engagé dans la bataille de Rezonville durant laquelle il essuya des pertes importantes face à Flavigny (10 officiers tués, 14 blessés, 540 sous-officiers ou soldats tués, blessés ou disparus) dues aux tirs d’artillerie et à deux charges de cavalerie des Hussards du Roi prussiens.

Puis, le 18 août, il fut mis en route pour interdire les hauteurs de Saint-Privat et eut à peine le temps d’occuper Sainte-Marie-aux-Chênes avant l’arrivée de la Garde prussienne débouchant de Monneville et de Coinville en direction d’Auboué dans un mouvement enveloppant par la droite.

Bataille de Sedan : Au cours des batailles - Moncelle 01.09.1870

Alors que l’infanterie prussienne avait été repoussée, le régiment fut écrasé par le feu de 13 batteries allemandes et abandonna la position pour se rétablir dans Roncourt. Une défense meurtrière à courte portée, appuyée par l’artillerie divisionnaire, infligea des pertes exorbitantes à la Garde Prussienne qui perdit 6 500 hommes et 240 officiers en quelques minutes et finit par refluer vers Sainte Marie. La garde prussienne marche sur le village en direction de St. Privat mais elle est décimée par le feu. Les Allemands appelleront Sainte-Marie "le tombeau de la garde".

Cette victoire défensive fut obtenue au prix de pertes sévères (13 officiers, 450 hommes hors de combat). Le 19 août, le régiment, réduit à la moitié de son effectif, fut chargé de couvrir le 6e corps en direction de Metz où il se retrancha.

Meurtri par les durs combats, le régiment reçoit l'ordre du maréchal Canrobert d'assurer l'arrière-garde de la retraite sur Metz. Le 29, Metz se rend et le régiment est envoyé en captivité mais il sauve son drapeau.