14 - 1/4 Bataille d'Austerlitz (prélude) - 1805

 

DE LA 3ème COALITION

" La bataille des trois Empereurs "

La bataille d’Austerlitz

La bataille d’Austerlitz (aujourd’hui Slavkov u Brna, en République tchèque) surnommée la « bataille des Trois Empereurs », se déroule le lundi 2 décembre 1805 (11 frimaire an XIV) dans le sud de la Moravie, et plus précisément entre Brünn et Austerlitz. Après neuf heures de combats, la Grande Armée de Napoléon Ier bat les forces austro-russes de l’empereur François II du Saint-Empire et du tsar Alexandre. L’Angleterre, bien qu'invaincue, reste seule, ce qui met fin à la Troisième Coalition.

Outre son importance stratégique, cette bataille, ainsi que la campagne qui l'a précédée, menant la Grande Armée de Boulogne-sur-Mer jusqu’à Austerlitz, est considérée comme le chef-d'œuvre tactique de Napoléon Bonaparte, et, encore de nos jours, enseignée dans de nombreuses écoles militaires.

Austerlitz semble être la seule bataille où Napoléon ait pu choisir le terrain, y amener l'ennemi et lui imposer son plan : la totalité des autres furent soit des batailles de rencontre plus ou moins improvisées (Marengo, Iéna, Eylau, Lutzen, Dresde), soit des forçages de positions où l’ennemi préféra attendre l'Empereur (Friedland, Wagram, la Moskowa).

PRELUDE


La paix d'Amiens et début des hostilités

En mars 1802, la France et l’Angleterre, affaiblies par dix ans de guerre, signent à Amiens un traité de paix. Cependant, farouchement anti-français, le nouveau Premier ministre anglais William Pitt ne respecte pas le traité de paix et refuse d’évacuer l’île de Malte. En mai 1803, l’Angleterre ouvre les hostilités en saisissant 1 200 bateaux de commerce français et hollandais dans les ports anglais sans déclaration de guerre. Les Français réagissent quelques jours plus tard en arrêtant tous les Anglais se trouvant en France1 et Bonaparte mobilise son armée.

L’armée d’Angleterre et le camp de Boulogne-sur-Mer

Napoléon Bonaparte a déjà eu l’occasion de commander l’armée de Nord (ou des Côtes de l’Océan) en 1797. Mais devant l’impréparation de ses troupes et la puissante flotte anglaise croisant dans le pas de Calais, il préféra alors mener la campagne d'Égypte. En 1803, le premier consul, fort de son expérience, assemble ses corps d’armées le long du littoral français2. Pendant un an, ce qui devint ainsi la Grande Armée s’équipe, s’entraîne, forme ses conscrits encadrés d'officiers compétents. En effet, la plupart d'entre eux sont d’anciens simples soldats levés en 17933, qui en dix ans ont acquis l'expérience du combat et gardent un attachement pour les nouvelles recrues.

La Troisième coalition : l'Angleterre, l'Autriche et la Russie

Les Britanniques sont certes maîtres des mers, mais leur armée de terre peu nombreuse, essentiellement composée de milices sans discipline, est médiocre et faiblement armée. Conscient que cette armée serait incapable de s’opposer à la Grande Armée une fois débarquée, William Pitt, Premier ministre britannique, décide pour éloigner la menace d’invasion française, de former fin 1804 une nouvelle coalition contre la France avec l’Autriche, la Russie et la Suède qui n'eut dans cette guerre qu’un rôle mineur.

Le tsar Alexandre Ier de Russie, sacré en 1801, adhère à la coalition pour des raisons de prestige : vaincre l’Empereur des français confirmerait la puissance de la Russie en pleine expansion depuis cinquante ans (voir partitions de la Pologne et traité d'Iaşi contre les Ottomans).

L’empereur François II du Saint-Empire connaît le talent de Napoléon, qui par deux fois déjà a battu les armées autrichiennes (voir première et deuxième coalition). Mais l’annexion de l’Italie du Nord par la France (Napoléon s’étant fait couronner roi d’Italie) et les premières tentatives pour réunir les États allemands sous protectorat français, prérogative autrichienne depuis des siècles, poussent François Ier à adhérer à la coalition. Enfin, toutes les cours européennes ont vivement réagi à l’exécution du duc d’Enghien et au sacre de Napoléon.

Le 4 juillet, la Russie et l’Autriche signent une convention de guerre où les Russes s'engagent à fournir 140 000 hommes pour appuyer 100 000 Autrichiens en passe d'envahir la Bavière. Les Anglais, eux financent la coalition, en versant à leurs alliés 1 250 000 livres pour 100 000 hommes mis en campagne. Cette somme énorme pour l'époque, oblige le gouvernement anglais à l'emprunt.

 Mouvements préliminaires 

Mi-août 1805, la situation en France est difficile : Malgré la vigilance de Fouché, la contestation des mouvements royalistes s’intensifie après l’exécution du duc d’Enghien. Les caisses du Trésor public sont vides : pris de panique face aux tensions internationales, les épargnants tentent de récupérer l’or en dépôt à la Banque de France. De plus Napoléon apprend que l’amiral Villeneuve, jugeant sa flotte trop faible par rapport à celle de Nelson, s’est enfermé à Cadix ; de plus, la Bavière (alliée de la France) est envahie par les troupes du général autrichien Mack. Devant ces événements, Napoléon décide le 23 août de pirouetter son armée sur le Rhin.

napoleon-ulm.jpg- ULM - La Capitulation du général Mack  et le défilé des troupes autrichiennes devant Napoléon

Le 29 août, 150 000 fantassins, 40 000 cavaliers et 350 canons déferlent du littoral pour gagner l’Allemagne avec une étonnante précision : chaque unité de la Grande Armée a un itinéraire et des lieux d’étapes précis à respecter. Cette marche forcée (jusqu’à 40 km par jour) à travers le nord de la France a pour but d’atteindre Vienne avant que les Russes ne rejoignent les Autrichiens, et qu'ils ne bénéficient ainsi de la supériorité numérique.

Le 26 septembre, après trois jours de repos, les 7 torrents (pour les 7 corps de la Grande Armée) traversent le Rhin en direction de la Bavière envahie. Mack attend de pied ferme Napoléon à Ulm, verrou de la route la plus courte entre le Rhin et Munich, la capitale bavaroise, c’est-à-dire à travers la Forêt-Noire. Napoléon décide alors de contourner la Forêt-Noire par le nord pour arriver à Ulm par l'est, puis de couper Mack des Russes en insérant le gros de ses troupes entre Ulm et la ville de Ratisbonne. Pendant ce temps, Lannes et la cavalerie de Murat font diversion en faisant croire aux Autrichiens que la Grande Armée est toujours face à eux. Après la victoire de Ney à la bataille d'Elchingen, Mack doit se replier avec ses 25 000 hommes dans Ulm. Après une semaine de siège, la meilleure armée autrichienne se rend ; les simples soldats sont emmenés en France comme captifs et les officiers sont libérés en promettant qu’ils ne combattront plus les Français. La route de Vienne est ouverte.                                                            

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