28 - Bataille de Leipzig - 1813 - 2/2

Les combats de Liebertwolkwitz

Liebertwolkwitz est un grand village dont la position stratégique est défendue par le maréchal MacDonald et le général Lauriston avec environ 18 000 hommes. Le 4e corps autrichien les attaque avec 24 500 hommes soutenus par 4 550 hommes de la 10e brigade de Pirth et par 5 365 hommes de la 11e brigade de Ziethen. Après un dur combat, les Français sont chassés de Liebertwolkwitz, mais il parviennent à contre-attaquer et à reprendre la ville. À ce moment Napoléon commande au général Drouot de positionner une puissante batterie sur la colline de Gallows. Cent canons soufflent le 2e corps russe et forcent les bataillons prussiens qui les soutiennent à se mettre à couvert.

Comme l'avait souhaité Napoléon, une brèche est ouverte, dans laquelle s'engouffre le maréchal Murat avec 10 000 cavaliers français, italiens, et saxons. La charge est massive, mais Murat a négligé de prévoir une réserve. Plusieurs petites formations de cavalerie russes, prussiennes et autrichiennes s'interposent et après d'âpres combats repoussent les assaillants jusqu'à leur propre artillerie. L'intervention des dragons de la jeune garde les sauve in extremis et reprend l'avantage en reconduisant les alliés hors de la ville. Liebertwolkwitz et Wachau sont repris, mais les alliés rejoignent les positions russes et autrichiennes. Ils ont démontré ce que leurs troupes d'élite, formées en carrés, étaient capables de faire face à la cavalerie française. Sur le front Sud, bien que Napoléon ait gagné du terrain, il lui faut admettre qu'il ne pourra pas facilement venir à bout des rangs alliés.

Le front du nord

Le front Nord s'ouvre avec l'attaque du corps russe du général Langeron 2, sur les villages de Groß-Wiederitzsch et de Klein-Wiederitzsch au centre des lignes françaises. Cette position est défendue par la division polonaise du général Dombrowski composée de quatre bataillons d'infanterie et de deux bataillons de cavalerie. Au premier signe de l'attaque la division polonaise bondit. L'issue du combat est indécise, les deux camps se livrent à des attaques et contre-attaques successives.

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La bataille du front du nord

Au premier signe de l'attaque la division polonaise bondit. L'issue du combat est indécise, les deux camps se livrent à des attaques et contre-attaques successives.

Rassemblant ses forces, le général Langeron, malgré de lourdes pertes, prend finalement les deux villages.

La bataille de Möckern

Le front Nord est dominé par la bataille de Möckern. L'affrontement, très dur, se déroule en 4 phases. Un petit château entouré de jardins et de murs peu élevés domine le village. Chaque position est transformée en forteresse. Les Français sont à couvert derrière les murs. L'ouest de la position est trop boisée et marécageuse pour une position d'artillerie. À l'est, une digue de 4 mètres protège les berges de l'Elster. Le maréchal Marmont y a abrité sa réserve d'infanterie pour contre-attaquer et soutenir rapidement chaque position. Blücher commande les corps de Langeron (russes) et de Yorck (prussiens) contre les maréchaux Ney et Marmont.

Des attaques ont lieu toute la nuit. L'artillerie est en grande partie responsable des morts et des blessés : 9 000 chez les Alliés, 7 000 dans le camp français. Les Français perdent encore 2 000 hommes qui sont fait prisonniers.

17 octobre

leipzig-3-hussards.jpg Hussards Brandbourgeois Il n'y a que deux actions dans la journée : l'attaque par le général russe Sacken sur les Polonais de la division de Dabrowski au village de Gohlis. La division polonaise résiste héroïquement, faisant même l'admiration du général Sacken. Finalement, le nombre et la détermination des Russes font la différence. Les Polonais se retirent à Pfaffendorf. Blücher ordonne à la 22e division de hussards du général Lanskoi (russe) qui s'est illustrée la veille, d'attaquer le 3e corps de cavalerie du général Arrighi.                 

Renforts

Les Français reçoivent le renfort de 14 000 hommes, tandis que le général Von Bennigsen et le prince Charles Jean de Suède augmentent considérablement les forces alliées en amenant 145 000 hommes.

18 octobre

Le général Blücher et le prince Charles de Suède sont disposés au nord, les généraux Barclay De Tolly, et Bennigsen ainsi que le prince de Hessen-Homburg aux Sud, et le général Gyulay (Autrichien) à l'ouest.

Wachau, Lößnig, et Dölitz, front Sud

La 9e brigade prussienne occupe le village abandonné de Wachau, tandis que les Autrichiens avec les Hongrois du général Bianchi repoussent les Français hors de Lößnig.

Les Autrichiens effectuent une manœuvre combinée : tandis que la cavalerie autrichienne attaque l'infanterie française pour permettre à l'infanterie autrichienne de se déployer sur Dölitz, une division de la jeune garde surgit et les chasse. À ce moment trois bataillons de grenadiers autrichiens, avec l'appui de l'artillerie leur contestent la possession du village.

De tous les côtés, les alliés lancent l'assaut. En un peu plus de neuf heures de combat, les deux camps subissent de grosses pertes, les troupes françaises empêchent la percée mais sont lentement repoussées vers Leipzig.

La retraite et la trahison des Saxons

Dans la nuit du 18 au 19, voyant que la bataille ne peut se terminer qu'en défaite, Napoléon décide de retirer la majorité de ses troupes en leur faisant traverser la rivière Elster. Les Saxons et leur artillerie se retournent alors sans prévenir contre les troupes de Napoléon.

leipzig-retraite.jpg     Retraite de Napoléon après la bataille, le 19 octobre  À la suite de cet épisode amer, l'expression « saxon » passera dans la langue française pour désigner un lâche traître. La retraite se poursuit jusqu'au lendemain après-midi, au moment où l'unique pont est détruit par une escouade du Génie, effrayée par la proximité de l'armée ennemie.

Un tiers de l'armée française n'a pas eu le temps de traverser et n'a d'autres choix que de risquer la noyade en traversant à la nage, ou de se rendre à l'ennemi. Le total des pertes est incertain. Prenant une évaluation de 140 000 au total, la coalition aurait perdu 90 000 hommes. Napoléon a perdu 60 000 soldats.

Parmi les disparus se trouve le maréchal Józef Antoni Poniatowski (neveu du dernier roi de Pologne, Stanislaw Poniatowski) — qui avait reçu la veille le bâton de maréchal — et les généraux Aubry, Camus de Richemont, Rochambeau et Couloumy.

Le bilan de cette bataille est toutefois à relativiser étant donné que les pertes françaises sont bien inférieures en nombre. De plus, jusqu'au repli de Napoléon, les Alliés ne parviennent pas à prendre la ville, et Napoléon réussit à sauver son armée grâce à une retraite de génie : les Alliés ne peuvent pas poursuivre Napoléon et cela les empêche de transformer cette bataille en une victoire décisive rendant possible la campagne de France qui allait se jouer à Paris en l'absence de Napoléon. Enfin cette retraite était stratégique car Napoléon veut continuer la lutte sur son propre territoire qu'il connaît très bien en espérant le soutien de sa population. Malheureusement il laisse aussi, "prisonniers" de places fortes qu'il voulait garder, un peu plus de 100 000 hommes à Dantzig, Glogau, Stettin, Dresde, Hambourg , et deux maréchaux de très grande valeur, Davout, surement son meilleur maréchal en activité, et Gouvion-Saint-Cyr, qui lui manqueront funestement pour la campagne de France 1814 qui va s'ouvrir.

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