27 - Bataille de Leipzig - 1813 - 1/2

 Dans le CONTEXE de la 6ème COALITION

LA BATAILLE DE LEIPTZIG

Où l'orgueil de Napoléon, le conduisit à son déclin.

La bataille de Leipzig (16-19 octobre 1813)1, aussi appelée la Bataille des Nations, fut la plus grande confrontation des guerres napoléoniennes, et fut une grande défaite subie par Napoléon Ier.

À la suite du désastre de la campagne de Russie de 1812 et le retrait des troupes françaises jusqu'à l'Elbe, où malgré leurs efforts elles furent ramenées en abandonnant les territoires de la Pologne et de la Prusse, cette dernière trahit l'alliance qu'elle avait avec la France, et passa du côté des russes. Une nouvelle coalition armée naquit, regroupant l'Angleterre, la Russie, la Prusse, ainsi que la Suède, que le prince héritier, l'ancien maréchal Bernadotte, rallia pour la Norvège qu'on offrit à son nouveau pays, en prix de la trahison de son ancienne patrie. Aux moyens de préparatifs gigantesques, Napoléon réarma et se porta sur l'Elbe dont il allait faire sa base d'opération

Il cherchait avant tout à rétablir l'équilibre des armes en Allemagne, et remporta en un premier temps deux nettes victoires à Lützen le 2 mai et à Bautzen les 20-21 mai sur les forces russo-prussiennes. Pendant ce temps, la diplomatie travaillait. Par une politique particulièrement malhabile, Napoléon laissa l'Autriche rentrer dans le jeu, et se vit contraint de la laisser passer du statut d'allié à celui de médiateur, et plus grave encore de médiateur armé. C'est elle qui poussa Napoléon à signer un armistice à Pleisswitz entre les belligérants, qui s'avèra désastreux au moment où il avait renoué avec la victoire. L'Autriche proposait pourtant à la France une paix glorieuse et générale en se faisant fort de la faire accepter à tous, y compris à l'Angleterre. Malheureusement l'orgueil de Napoléon, porté à une perte totale de la réalité, refusa les propositions de Metternich, et les hostilités reprirent début août. Pour la première fois toute l'Europe était en armes contre la France.

Posté sur tout le cours de l'Elbe défendu par de puissantes places fortes, Napoléon faisait face à trois groupes d'armées commandés par Bernadotte sur le bas Elbe, Blücher en haute Silésie, Schwartzenberg en Bohème, et qu'il voulait défaire les uns après les autres, comme il le fit si bien autrefois sur l'Adige en Italie. Voulant déborder cette ligne, les coalisés, sous le Prince de Schwarzenberg, firent une première tentative sur Dresde par la gauche du fleuve, à travers les monts de Bohème. Ce fut une immense victoire pour Napoléon qui avait combattu là à un contre deux. Mais l'exploitation de ce succès, qui eut pu mettre fin à la campagne, se retourna contre lui avec la destruction du corps du général Vandamme, placé à Külm sur la ligne de retraite de l'armée vaincue, et chargé d'en détruire les restes.

bataille-leipzig-napoleon-poniatowsk.jpgNapoléon et le maréchal Poniatowski          La France, à force d'apprendre à toute l'Europe à se battre, lui en avait inculqué les leçons; les alliés changèrent de stratégie. Elle consisterait désormais à éviter la confrontation directe avec Napoléon, à affronter plutôt ses maréchaux ou à se retirer devant lui, et lorsque les français seraient suffisamment affaiblis, à les déborder largement dans une tenaille, dont le premier bras percerait l'Elbe au nord, et le deuxième au sud-ouest retraverserait les monts de Bohême cette fois loin de Dresde.

Objectif Leipzig. C'est ainsi qu'au début ils remportèrent les victoires de Gross Beeren, de Katzbach et de Dennewitz sur Ney, Mac Donald et Oudinot. 

Les plans de Napoléon s'en trouvèrent grandement contrariés; il s'épuisa en vains aller-retour pour provoquer une bataille qu'il aurait voulu conduire. Début octobre, les alliés mirent en oeuvre leur stratégie. Blücher et Bernadotte franchirent l'Elbe et descendirent sur Leipzig; Schwarzenberg en fit de même au sud-ouest.

Menacé d'être débordé sur ses arrières, ayant parfaitement percé le plan allié, il veut en finir, et accepte le combat décisif, en ne desespérant pas de vaincre successivement les uns et les autres autour de la ville. Sa position centrale est très forte; tout est possible, même à un contre deux. Il donne donc l'ordre à ses troupes de se joindre à lui sur Leipzig.

Il en déploie une partie de Taucha à Stötteritz (où il place son poste de commandement), puis le reste en s'incurvant jusqu'à Lindenau. Les Prussiens viennent à sa rencontre depuis Wartenburg, les Suédois à leur suite, les Autrichiens et les Russes depuis Chemnitz et Zwickau. Au total les Français alignent environ 190 000 hommes dont une partie sont des alliés saxons, contre à peu près 330 000 pour les coalisés, chacun des camps ayant une importante artillerie.

La bataille commence le 16 octobre par une attaque de 78 000 soldats alliés depuis le sud et 54 000 autres depuis le nord. Cette confrontation n'est pas décisive et les assauts sont repoussés.

2e corps autrichien

Le 2e corps autrichien du général von Merveldt avance vers Connewitz par Gautzsch et essaie d'attaquer la position pour constater que la voie est bien défendue et ne permet pas aux Autrichiens de placer leur propre artillerie pour soutenir l'attaque. Repoussés, les Autrichiens se déplacent pour attaquer le village voisin de Dölitz, traversent deux ponts menant à un manoir et à un moulin. Deux compagnies du 24e régiment repoussent la petite garnison polonaise et prennent la position. Une prompte contre-attaque rejette les Autrichiens jusqu'à ce qu'une puissante batterie d'artillerie chasse à leur tour les Polonais de la position.

Bataille de Markkleeberg

Le village de Markkleeberg est défendu par les maréchaux Poniatowski et Augereau. Le général Kleist approche par les rives de la Pleisse. Les Autrichiens réparent un pont et prennent un bâtiment scolaire et un manoir. Les Français chassent les Autrichiens hors de l'école et les repoussent sur l'autre rive de la rivière. La 14e division russe commence une série d'attaques de flanquement qui expulsent les Polonais de Markkleeberg. Poniatowski stoppe la retraite et parvient à arrêter l'avance des Russes. Il reprend Markkleeberg, mais est de nouveau chassé par deux bataillons prussiens. Les grenadiers autrichiens forment alors un front devant Markkleeberg et par attaque de flanc conduisent les Polonais et les Français hors du secteur.

Attaque de Wachau

 Le 2e corps d'infanterie russe attaque Wachau avec l'appui de la 9e brigade prussienne. Les Russes avancent, ignorant que les Français les attendent. Ils sont surpris par une attaque sur leur flanc qui les malmène. Les Prussiens entrent dans Wachau et engagent un combat de rue. C'est l'artillerie française qui les chasse de la ville.      

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