26 - La bataille de la Moskova 2/2

La bataille de la moscova - Le déroulement  (suite)

La bataille commence à 6 heures du matin, par une préparation d'artillerie contre le centre russe, menée par 102 canons. Mais les Français perdent ensuite un temps précieux à les déplacer, car ils sont trop loin des lignes russes. Davout donne l'ordre aux divisions Compans et Dessaix (à ne pas confondre avec Desaix, mort en 1800) d'attaquer la flèche située la plus au sud. Canonnés par l'artillerie russe, Compans et Dessaix sont blessés, mais les Français parviennent à avancer. Voyant la confusion, Davout dirige alors personnellement la 57e brigade, jusqu'au moment où son cheval est abattu. Davout tombe si lourdement qu'il est signalé mort au général Sorbier.

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   L'artillerie du général Friant canonne les flèches de Bagration

Le général Rapp est envoyé sur place pour le remplacer, mais Davout est vivant et toujours à la tête de la 57e brigade. Rapp prend alors la tête de la 61e brigade avant d'être blessé(pour la 22e fois de sa carrière). À 7 heures, Napoléon engage les corps de Ney, puis de Junot, pour venir en aide à Davout ; ce dernier conquiert enfin les trois flèches vers 7 heures 30.Mais les Français sont repoussés par une contre-attaque russe menée par Bagration. 

Ney relance un assaut contre les flèches, et parvient à les reprendre vers 10 heures. Barclay envoie alors 3 régiments de la garde, 8 bataillons de grenadiers et 24 canons sous le commandement de Baggovut pour renforcer le village de Semionovskoïe, au nord des flèches. Le retour offensif de Baggovut déloge les Français des flèches, mais Ney les reprend à nouveau à 11 heures. s Le maréchal français en est de nouveau chassé, mais il reconquiert  la position vers 11 heures 30, définitivement.   

Napoléon hésite à engager la garde impériale, qui constitue ses dernières réserves, si loin de France. Les cuirassiers saxons de Latour-Maubourg attaquent les cuirassiers russes. La redoute Raevsky se trouve à droite, dans la fumée. À l'arrière-plan, on distingue l'église de Borodino. Détail du Panorama de Borodino.

La redoute Raevsky

Pendant ce temps, Eugène de Beauharnais pénètre dans Borodino après de durs combats contre la Garde russe, et progresse vers la redoute principale. Cependant ses troupes perdent leur cohésion, et Eugène doit reculer sous les contre-attaques russes. Le général Delzons se place alors devant Borodino pour protéger le village. Au même moment, la division Morand progresse au nord de Semionovskoïe, tandis que les forces d'Eugène franchissent la Kalatcha en direction du Sud. Eugène déploie alors une partie de son artillerie, et commence à faire refluer les Russes derrière la redoute. Appuyés par l'artillerie d'Eugène, les divisions Morand et Broussier progressent et prennent le contrôle de la redoute. Barclay lui-même doit rallier le régiment Paskévitch en déroute. Koutouzov ordonne alors au général Iermolov de reprendre la redoute ; disposant de trois batteries d'artillerie, ce dernier ouvre le feu contre la redoute tandis que deux régiments de la garde russe chargent la position. La redoute repasse alors aux mains des Russes.

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Les cuirassiers saxons de Latour-Maubourg attaquent les cuirassiers russes.

La redoute Raevsky se trouve à droite. À l'arrière-plan, on distingue l'église de Borodino.

L'artillerie d'Eugène continue à pilonner les Russes alors qu'au même moment, Ney et Davout canonnent les hauteurs de Semionovskoïe. Barclay envoie des renforts à Miloradovitch, qui défend la redoute tandis qu'au plus fort de la bataille, les subordonnés de Koutouzov prennent toutes les décisions pour lui : selon les écrits du colonel Clausewitz, le général russe semble être « en transe ». Avec la mort du général Koutaïsov, qui commandait l'artillerie russe, une partie des canons, situées à l'arrière des lignes russes, sont inutilisés, tandis que l'artillerie française fait des ravages dans les rangs russes.

L'artillerie d'Eugène continue à pilonner les Russes alors qu'au même moment, Ney et Davout canonnent les hauteurs de Semionovskoïe. Barclay envoie des renforts à Miloradovitch, qui défend la redoute tandis qu'au plus fort de la bataille, les subordonnés de Koutouzov prennent toutes les décisions pour lui : selon les écrits du colonel Clausewitz, le général russe semble être « en transe ». Avec la mort du général Koutaïsov, qui commandait l'artillerie russe, une partie des canons, situées à l'arrière des lignes russes, sont inutilisés, tandis que l'artillerie française fait des ravages dans les rangs russes.

 À 14 heures, Napoléon ordonne un nouvel assaut contre la redoute. Les divisions Broussier, Morand, et Gérard doivent charger la redoute, appuyés par la cavalerie légère de Chastel à droite et par le second corps de cavalerie de réserve à gauche. Le général Caulaincourt ordonne aux cuirassiers de Wathier de mener l'attaque contre la redoute. Observant les préparatifs français, Barclay déplace alors ses troupes pour renforcer la position, mais elles sont canonnées par l'artillerie français. Les divisions Broussier, Morand, et Gérard doivent charger la redoute, appuyés par la cavalerie légère de Chastel à droite et par le second corps de cavalerie de réserve à gauche. Le général Caulaincourt ordonne aux cuirassiers de Wathier de mener l'attaque contre la redoute.

 Caulaincourt mène personnellement la charge et parvient à enlever la redoute, mais il est tué par un boulet. La charge de Caulaincourt fait refluer la cavalerie russe qui tente de s'opposer à elle, tandis que la gauche, où Bagration a été mortellement blessé, et le centre russe, sévèrement mis à mal, donnent des signes de faiblesse. À ce moment, Murat, Davout et Ney pressent l'empereur, qui dispose de la garde impériale en réserve, de l'engager pour porter l'estocade finale à l'armée russe, mais celui-ci refuse.

Fin de la bataille

Barclay demande alors à Koutouzov de nouvelles instructions, mais ce dernier se trouve sur la route de Moscou, entouré de jeunes nobles et leur promettant de chasser Napoléon. Toutefois, le général russe se doute bien que son armée est trop diminuée pour combattre les Français. Les Russes se retirent alors sur la ligne de crête située plus à l'est. Napoléon estime que la bataille reprendra le lendemain matin, mais Koutouzov, après avoir entendu l'avis de ses généraux, ordonne la retraite vers Moscou. La route de la capitale russe est ouverte à la Grande Armée.

Pertes

Les pertes sont très élevées dans les deux camps. La Grande Armée perd environ 30 000 hommes : selon P. Denniee, inspecteur aux revues de la Grande Armée, il y aurait eu 6 562 morts, dont 269 officiers, et 21 450 blessés2. En revanche, selon l'historien Aristide Martinien, les Français perdent au total 1 928 officiers morts ou blessés, incluant 49 généraux3. Les Russes perdent environ 44 000 hommes, morts ou blessés, dont 211 officiers morts et 1 180 blessés. 24 généraux russes furent blessés ou tués, dont Bagration qui meurt de ses blessures le 24 septembre et Toutchkov4. Du côté français, le manque de ravitaillement, suite à l'allongement des lignes d'approvisionnement, pour les soldats valides fait que certains blessés meurent de faim ou de négligences dans les jours qui suivent la bataille.

Conséquences

Les Français prirent Moscou (à 125 km) le 14 septembre. Le soir même, d'immenses incendies ravagent la ville. Les derniers feux seront éteints le 20 septembre au soir. Moscou, essentiellement construite en bois, est presque entièrement détruite. Privés de quartiers d'hiver et sans avoir reçu la capitulation russe, les Français sont obligés de quitter la capitale russe[réf. nécessaire] le 18 octobre pour entamer une retraite catastrophique.

La bataille de la Moskova est considérée comme une victoire tactique française. Elle ouvre la voie de Moscou à Napoléon. Les pertes françaises, quoique très importantes, restent inférieures au nombre de morts et blessés russes. Toutefois, l'Empire russe a aussi revendiqué la victoire, les troupes s'étant repliées en bon ordre. 

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