21 - Traités de Tilsit - 1807

Epilogue de la 4ème coalition

Le premier traité de Tilsit (petite ville de Prusse-Orientale devenue aujourd'hui Sovetsk en  Russie) a été signé en secret le 7 juillet 1807 par le tsar Alexandre Ier et l'empereur Napoléon Ier. Le traité met fin à la guerre de la quatrième coalition européenne contre la France.

Napoléon Ier donne naissance au duché de Varsovie en privant la Prusse de la Posnanie et de la Mazovie. Le district de Białystok échoit à la Russie. La ville de Dantzig devient une République indépendante. Le duché de Varsovie est attribué au roi de Saxe.

La Prusse cède également l'Altmark, Magdebourg, Halberstadt, Hildesheim, Wernigerode, Eichsfeld, Mansfeld, Erfurt, Minden, Ravensberg et Paderborn au nouveau royaume de Westphalie qui est donné à Jérôme Bonaparte qui avait épousé Catherine de Wurtemberg. La Prusse cède la Frise orientale au nouveau royaume de Hollande, Clèves, la Marck, Münster et Lingen au Grand-duché de Berg. Les troupes françaises occupent le Hanovre et la principauté de Bayreuth.

Le traité franco-russe   

En échange de l'engagement d'Alexandre d'adhérer au blocus contre l'Angleterre, Napoléon laisse les mains libres au tsar pour s’emparer de la Finlande qui appartenait à la Suède.

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 Et dans son projet de démembrement de l'Empire ottoman (une clause prévoit le partage des possessions turques entre la Russie et la France). La Russie promet la fermeture de ses ports au commerce britannique et même de déclarer la guerre au Royaume-Uni si ce dernier refusait son offre de médiation.

Les deux souverains concluent ainsi une alliance contre les Anglais. En outre, le tsar rend Cattaro à la France et cède les îles Ioniennes.                     

Le traité franco- prussien

Un second traité est signé avec la Prusse le 9 juillet 1807. Le royaume de Prusse perd la moitié de ses territoires. Ceux situés à l'ouest de l'Elbe sont intégrés au royaume de Westphalie nouvellement fondé dont Frédéric-Guillaume III doit reconnaître le souverain, Jérôme Bonaparte, dans l'article VI du traité2. La Prusse doit également céder les territoires qu'elle avait gagnés à la suite des partitions de la Pologne et cela depuis le 1er janvier 1772, hormis l'Ermeland et des terres à l'ouest des territoires prussiens anciens.

L'article XIV commande à la Prusse de renoncer à Dantzig qui devient une ville libre. C'est ainsi qu'est créé le Duché de Varsovie. En plus, la Prusse doit adhérer au blocus continental contre les Anglais, payer 100 000 000 de francs d'indemnité de guerre et réduire son armée à 42 000 hommes.

Talleyrand avait conseillé à Napoléon de modérer ses exigences envers le vaincu ; les deux traités constituent une étape importante dans sa mise à l'écart graduelle par l’empereur.

napoleon-tilsitt-roi-et-reine-de-prusse-1.jpg Adieux de Napoléon au roi et à la reine de Prusse   Un observateur a fait remarquer qu'alors qu'on rédigeait le traité, le roi de Prusse marchait à l'écart le long du Niémen ; selon McKay, Napoléon « n’avait qu'à lever la main pour rayer la Prusse de la carte. » C'est pourquoi plusieurs officiels prussiens et russes virent le traité comme un acte inique et une humiliation nationale : les soldats russes refusèrent par la suite d'obéir aux ordres de Napoléon, comme l’incident à Lisbonne le démontra à toute l'Europe. 

    

Les projets de Napoléon d'épouser la sœur du tsar furent repoussés par la famille royale russe ; et finalement, la coopération entre la Russie et la France prit fin lorsqu'en 1810 le tsar commença à autoriser l'accès de ses ports aux navires neutres.

En 1812, Napoléon fit franchir le Niémen par la Grande armée et envahit la Russie, balayant les derniers vestiges de l’alliance passée.

Pertes territoriales et démographiques de la Prusse.

Au terme du second traité de Tilsit, le Royaume de Prusse perdit la moitié de son territoire et la population de 10 000 000 d'habitants qu'il comptait avant les hostilités fut désormais réduite de moitié. Les rentrées fiscales du royaume furent entamées dans une proportion considérable, car les provinces perdues, qui étaient les plus riches et les plus fertiles, étaient aussi celles que depuis des années l’État modernisait à coups de millions de thalers.

Presque tout ce que la Prusse avait gagné lors des trois Partitions de la Pologne était désormais perdu. Le duché de Saxe, ancienne principauté alliée de la Prusse, était le nouveau bénéficiaire de ces provinces ; quant à la Russie, naguère son plus fidèle allié, elle lui prenait 200 000 habitants. Le tableau suivant résume les pertes prussiennes du Traité de Tilsit:

Possessions de Westphalie

Comté de La Marck, y compris Essen, Werden et Lippstadt - Principauté de Minden, - Comté de Ravensberg, -  Lingen et Terklenberg, - Clèves, rive gauche du Rhin - Principauté de Frise Orientale,- Principauté de Munster, - Principauté de Paderborn,

Possessions de Basse-Saxe

Magdebourg, avec les territoires du duché sur la rive gauche de l'Elbe, Halle, &c Comté de Mantfeld, - Principauté d'Halberstadt, - Comté de Hohenstein, - Territoires de Quedlinbourg - Principauté d’Hildesheim et Goslar     

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