5 - Le futur 1er Consul émerge

LES DEBUTS  D'UN  GENIE  MILITAIRE  

Du 25 au 29 août 1793, les équipages de la flotte sont en rébellion contre leur commandant le contre-amiral royaliste Trogoff, menés par le contre-amiral républicain Saint-Julien.

À l'annonce de la reprise de Marseille et des représailles qui y ont eu lieu, les 1 500 insurgés, dirigés par le baron d'Imbert, font appel à la flotte britanno-espagnole, jusqu'alors au large en soutien des troupes engagées dans la guerre du Roussillon. Le 28 août, les amiraux Samuel Hood et Juan de Langara font débarquer 17 000 hommes : 2 000 Britanniques, 7 000 Espagnols, 6 000 Napolitains et 2 000 Piémontais dans la baie des Islettes.

Le 29, la flotte anglo-espagnole entre dans la rade de Toulon ; Saint-Julien ordonne le branle-bas, mais seulement quatre vaisseaux sur dix-sept lui obéissent1 et il doit se réfugier dans la petite rade, avant de se rendre. Les troupes britanniques entrent dans la ville de Toulon.
Le 1er octobre 1793, d'Imbert fait proclamer l'enfant du Temple, Louis XVII, roi de France et hisser le drapeau blanc à fleur de lys, l'amiral Trogoff livre alors la flotte et l'arsenal à la Royal Navy.

Le siège de Toulon eut lieu de septembre à décembre 1793, après que les royalistes s'emparèrent de la ville et la livrèrent aux Britanniques.

L'année 1793 commençait mal, les conquêtes révolutionnaires (Nice, Savoie, Belgique) furent perdues. La Fayette et Dumouriez étaient passés à l'ennemi et Toulon se rendait aux Anglais. Mais, Carnot mérite bien son surnom d' « Organisateur de la Victoire ». Aux commandes des armées, il les réorganise et prône une nouvelle méthode pour faire la guerre : le rassemblement en masse. Très vite, l'effort français payait grâce aussi à des hommes tel que Hoche, Pichegru, Desaix, Kellermann....

Il restait Toulon que les Anglais défendaient farouchement, cette place stratégique permettait d'opérer une invasion alliée.

flotte-anglo-espagnole-au-siege-de-toulon-1793.jpg  LA FLOTTE BRITANO-ESPAGNOLE  

L'offensive par mer demeurait difficile, par la terre la difficulté était égale en raison des rues étroites de la ville défendues par des forts. Le siège traînait en longueur, et par chance le capitaine Bonaparte passa par là et se vit confier les forces d'artillerie.

Très vite il fit venir des canons de Lyon et Grenoble, les disposa autour de la ville. La Convention ordonnait à Dugommier des instructions peu réalisables en raison du manque d'effectif. Bonaparte considérait que la ville resterait aux Anglais tant que la flotte n'était pas menacé.

Il entreprit d'envahir l'un des forts pour contraindre les Britanniques à la fuite. Mais la position était quasi-imprenable, on l'appelait le Petit-Gibraltar.

Cependant les mortiers et les canons tirèrent et divisèrent les ennemis, et sous la nuit orageuse du 18 décembre, les deux principaux forts anglais tombèrent successivement. Un grand stratège était né...

Le 13 vendémiaire, le mariage avec Joséphine et l’armée d’Italie

Ses amitiés avec les jacobins lui valent d’être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).

Libéré, il refuse d'être affecté en Vendée et erre à Paris un temps sans commandement effectif, puis Barras lui demande le 13 vendémiaire an IV de réprimer l’insurrection royaliste contre la Convention nationale. À cette occasion, Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frère. Ce dernier joue un rôle déterminant, en transférant à temps les canons indispensables depuis les Sablons jusqu'aux abords des Tuileries. La canonnade de Saint-Roch — où les boulets ont été remplacés par de la mitraille plus « efficace » — disperse les forces royalistes faisant de nombreuses victimes.

Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis nommé commandant de l’armée de l'Intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des 5 membres du Directoire.

Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.

Il doit à Joséphine de Beauharnais, amie et ancienne maîtresse de Barras, qu'il vient d'épouser au début de 1796, sa promotion à la tête de la petite armée d'Italie, appelée en principe à ouvrir un simple front de diversion. Il sait motiver ses hommes et fait, sur le terrain qu'il avait reconnu en 1793-94, une campagne d’exception qui reste étudiée dans toutes les Écoles de guerre.

Il bat séparément quatre généraux piémontais et autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau à Millesimo, Montenotte), et signe l’armistice de Cherasco avec le premier royaume. Dans une deuxième phase, il bat une nouvelle armée autrichienne envoyée en renfort et commandée par Sebottendorf à Lodi et Beaulieu à Borghetto, ce qui lui assure la conquête de Milan.

Dans une troisième phase organisée autour du siège de Mantoue, il bat deux nouvelles armées autrichiennes commandées par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione, Roveredo. Enfin, les renforts commandés par Alvinczy sont à nouveau battus au pont d’Arcole et à Rivoli. Tout en organisant l’Italie en Républiques sœurs sur le modèle de la République française, il marche sur l’Autriche et signe seul les préliminaires de paix de Leoben.

En un peu plus d’un an, il bat cinq armées autrichiennes, fréquemment à un contre deux, et décide seul du sort de la guerre, les armées françaises du Rhin étant battues par les Autrichiens qui doivent affaiblir leurs troupes sur ce front pour envoyer des renforts en Italie. La rue de Paris où il habite s'appelait rue Chantereine. Elle fut rebaptisée rue de la Victoire qu'elle a conservée jusqu'à ce jour.                                                    

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